Vincent Benard - Le Foreclosure Gate, une excellente affaire pour les avocats

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foreclosuregate.jpg Je vous avais parlé il y a longtemps... de ce scandale financier immobilier américain étouffé du Foreclosure Gate. Eh bien, voici des nouvelles, et il semblerait que la pression monte dans la Cocotte-minute, et que la JP Morgan se prépare au pire en faisant la fortune des avocats...

Visiblement, la tactique des grandes banques impliquées dans le Foreclosure Gate visant à dissuader les plaintes en invoquant de "simples questions techniques" a lamentablement échoué, et que les grands loan servicers s'apprêtent à livrer un combat judiciaire d'une ampleur inaccoutumée.

Ainsi, nous apprenons (via housing wire) que JP Morgan a annoncé une augmentation "potentielle" de son budget légal de... 4,5 milliards de dollars (!) pour couvrir ses frais de justice, car la banque fait l'objet de... 10 000 (dix mille) plaintes, de toute nature : investisseurs, familles expulsées, etc.

Pour leur part, Wells Fargo et Citi annoncent des coûts de litigation de l'ordre de 1,2 à 1,5 milliards. Citi estime qu'il existe un "faible risque" que ces coûts augmentent jusqu'à 4 milliards.

Bank Of America n'est pas en reste. Nous apprenons (Bloomberg) que la principale Class Action menée par des investisseurs de MBS floués contre la banque de Caroline du Nord, incluant la FED de New York et PIMCO parmi les plaignants, et dirigée par un cabinet d'avocats de Houston, regroupe désormais des investisseurs représentant 84 milliards de dollars de titres, contre seulement 47 milliards fin 2010. Que n'avait-on entendu sur Kathy Patrick, l'avocate chargée de la class action... "Pas de New York", "pas sérieuse", "amateur"... En attendant, la puissance de feu des plaignants a doublé en même pas un trimestre. Et ce n'est qu'une action en justice parmi d'autres. Rappelons qu'à la fin de l'année dernière, B.of A. estimait à 375 milliards les réclamations dont elle était l'objet, dans un document officiel (objectif eco). Naturellement, ce que les plaignants réclament est rarement ce qu'ils obtiennent, mais quoi qu'il en soit, les montants en jeu ne sont pas anodins.

Bref, les banques continuent de dire que ces plaintes sont "gérables", mais elles provisionnent des sommes très inhabituelles pour y faire face. "Simples questions techniques", qu'elles disaient...

On ne sait pas encore qui gagnera le grand match entre l'état de droit et les grandes banques impliquées dans le Foreclosure Gate, mais une chose est sûre : les cabinets d'avocats d'affaires se frottent les mains !

Source : Objectif Eco