Un nouveau gouvernement tout en équilibre
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- Mis à jour le jeudi 17 mai 2012 07:52
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Mais sans Martine Aubry...
Pierre-René Lemas, secrétaire général de l'Élysée, vient de mettre fin aux pronostics. Les membres du gouvernement Ayrault ont été dévoilés. Petit tour d’horizon des nouveaux ministres, qui se réuniront dès jeudi pour un premier conseil.

La torture des journalistes de chaînes d'info en continu, qui meublent depuis 16 heures les «éditions spéciales», vient d'être abrégée par le nouveau secrétaire général de l'Élysée Pierre-René Lemas.
AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES
Laurent Fabius - ministreUn air souvent suffisant, ce surdoué de la politique n’a jamais vraiment réussi à attirer la sympathie. Même pas face à un Sarkozy détestable, que l’on espérait voir se faire broyer par l’ancien ministre de François Mitterrand, sur le plateau de l’émission «Des paroles et des actes» de france2, où il représentait François Hollande. La quiétude légendaire de Fabius et sa connaissance des dossiers seront tout de même bénéfiques au nouveau président.
EDUCATION NATIONALE
Vincent Peillon
JUSTICE
Christiane Taubira
Considérée comme un électron libre, elle traîne toujours le lourd fardeau d’avoir contribué à l’éparpillement des voix de gauche par sa candidature au premier tour de la présidentielle en 2002.
Dix ans et une victoire plus tard, le camp socialiste ne lui en a pas tenu rigueur, puisque la Guyanaise d’obédience radicale récupère la justice.
Forte tête, elle aura tout loisir de faire honneur à sa réputation de « redresseuse de torts ».
ECONOMIE, FINANCES ET COMMERCE EXTERIEUR
Pierre Moscovici
AFFAIRES SOCIALES ET SANTE
Marisol Touraine
MINISTRE EGALITE DES TERRITOIRES ET DU LOGEMENT
Cécile Duflot
MINISTRE DE L'INTERIEUR
Manuel Valls
MINISTRE DE L'ECOLOGIE, DU DEVELOPPEMENT DURABLE ET DE L'ENERGIE
Pour cette ancienne du Ceres, l’ex club proche Jean-Pierre Chevènement avec qui elle est en froid depuis 1991, la saison 2011-2012 est à marquer d’une pierre blanche. Après avoir obtenu le très important poste de rapporteur général avec le basculement du Sénat à gauche, cette élue de la Seine et Marne obtient pour son premier portefeuille l’écologie. L’énergie en prime. A 64 ans, cette proche de Laurent Fabius, doit en partie sa nomination à son combat parlementaire contre des gaz de schistes dont elle obtient le gel de l’exploitation en France.
MINISTRE DU REDRESSEMENT PRODUCTIF
Arnaud Montebourg, devenu le troisième homme des primaires socialistes en supplantant Ségolène Royal, est passé de « représentant spécial de François Hollande » à « ministre du redressement productif ». A l’heure où le spectre de la désindustrialisation est omniprésent, la nomination du chantre de la démondialisation réjouira sans doute les partisans d’un protectionnisme européen, très en vogue durant la campagne.
MINISTRE DU TRAVAIL, DE L'EMPLOI ET DU DIALOGUE SOCIAL
Chargé du projet présidentiel de François Hollande pendant la campagne, Michel Sapin est un vieil ami du président élu. Député de la première circonscription de l’Indre, ce rocardien a l’expérience ministérielle : il a déjà occupé les postes de ministre de l’Economie et des Finances sous Pierre Bérégovoy et ministre de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat dans le gouvernement de Lionel Jospin. Rappelons néanmoins aux Mariannautes qu’il s’était illustré, ces derniers temps, en matière de maladresses et autres « zigzags de la rigueur » !
MINISTRE DE LA DEFENSE
Jean-Yves Le Drian
MINISTRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION
Députée socialiste de la 8ème circonscription de Moselle depuis juin 2007, Aurélie Filippetti n’a pas la langue dans sa poche. Romancière et ancienne professeur de lettres, c’est en tant que responsable du pôle culture, audiovisuel et médias qu’elle a intégré l’équipe de campagne de François Hollande. Ce dernier ne lui aura d’ailleurs pas tenu rigueur des couacs de communication concernant le dossier Hadopi, dont elle était chargée.
MINISTRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
Geneviève Fioraso née en 1954 est adjointe au Maire de Grenoble chargée de l'économie et de l'enseignement supérieur dans des grandes villes universitaires de France. Députée, elle était rapporteuse pour le budget de l'industrie, de la recherche et du développement durable. C'est donc une bonne connaisseuse du sujet.
MINISTRE DU DROIT DES FEMMES ET PORTE PAROLE DU GOUVERNEMENT
Porte-parole de François Hollande lorsqu’il était en campagne présidentielle hier, candidate PS aux élections législatives dans la quatrième circonscription de Lyon et «ministre du droit des femmes et porte parole du gouvernement » aujourd’hui. Najat Vallaud-Belkacem est l’une des étoiles montantes de la scène politique. A 34 ans, cette Franco-Marocaine incarne à la fois la jeunesse, la parité et la diversité. Autant de thèmes placés au centre des débats par le nouveau président de la République, qui maîtrisent parfaitement les classiques médiatiques.
MINISTRE DE L'AGRICULTURE ET DE L'AGRO ALIMENTAIRE
Directeur de « campagne » de François Hollande lors de la primaire pour la présidentielle socialiste, Stéphane Le Foll a été récompensé à sa juste valeur en récupérant l’agriculture. C’est une autre campagne que va désormais battre cet ancien prof d’économie du lycée agricole de Rouillon dans la Sarthe. Fidèle de François Hollande, il avait déjà été conseiller technique de Louis Le Pensec, en 1997, alors ministre de l’Agriculture.
MINISTRE DE LA REFORME DE L'ETAT, DE LA DECENTRALISATION ET DE LA FONCTION PUBLIQUE
Hier, elle courait après la bise de François Hollande dans la salle des Fêtes de l’Elysée, aujourd’hui Marylise Lebranchu peut dormir tranquille, elle aura l’occasion de saluer le président toutes les semaines en Conseil des ministres. L’ex-Garde des Sceaux du gouvernement Jospin de 2000 à 2002 vient d’être nommée ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique. Un poste qu’elle doit peut-être au refus de sa « sœur en politique », Martine Aubry, de participer à un gouvernement dont elle n’est pas la Premier ministre.
MINISTRE DE L'OUTRE-MER
Victorin Lurel
MINISTRE DES SPORTS, DE LA JEUNESSE, DE L'EDUCATION POPULATAIRE ET DE LA VIE ASSOCIATIVE
Députée-maire socialiste de Rouen, Valérie Fourneyron succède à David Douillet au ministère des Sports. C’est elle qui a conseillé François Hollande dans ce domaine au cours de la campagne présidentielle, notamment le 11 février, à Créteil, où le candidat avait présenté son programme sportif. Son principal atout ? Elle est fan de sport et fut le médecin de l’équipe de hockey sur glace de Rouen pendant sept ans puis de l’équipe de France de volley-ball.
MINISTRE DELEGUÉ AU BUDGET
L'homme qui surveillait Bercy pendant le quinquennat. Président de la Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire à l'Assemblée nationale, il ne s'est jamais caché du fil conducteur de son action: dévoiler sans relâche les effets du «Travail, emploi, pouvoir d'achat»; le «péché originel de la droite». Dont il comptabilise minutieusement le coût. Il faut dire qu'à la base, Jérôme Cahuzac est chirurgien plastique.
MINISTRE DELÉGUÉ À LA REUSSITE EDUCATIVE
George Pau-Langevin
MINISTRE DELEGUE AUX RELATIONS AU PARLEMENT
Alain Vidalies
MINISTRE DÉLÉGUÉE À LA JUSTICE
Delphine Batho
MINISTRE DELEGUE A LA VILLE
« L’un y va, l’autre pas ». Alors que Martine Aubry boude à Lille, son plus proche collaborateur entre, lui, au gouvernement. A 51 ans, François Lamy, qui fut le directeur de campagne de la candidate défaite à la primaire PS, s’ouvre les portes de l’hôtel de Brolgie à quelque pas de Matignon. Pas énarque mais professionnel de la politique depuis de 25 ans quand même, cet élu de l’Essonne et notamment de la communauté d'agglomération du plateau de Saclay, s’est spécialisé dans les question de défenses.
MINISTRE DELEGUE AUX AFFAIRES EUROPEENNES

Né en 1963. Député-maire de Cherbourg-Octeville, il est connu pour être un grand soutien des familles de victimes de l'attentat de Karachi. Un temps pressenti comme ministre de la défense, il est issu des cercles fabuisiens avant de se rallier à Hollande. Il était porte-parole du candidat durant la campagne.
MINISTRE DELEGUE AUX PERSONNES AGEES ET À LA DEPENDANCE
Encartée tardive au PS – elle y adhère en 2001 -, Michèle Delaunay remporte sa première et marquante victoire politique en 2007 quand elle parvient à ravir à Alain Juppé la deuxième circonscription de Gironde, abandonnée par l’historique maire de Bordeaux à la suite de sa condamnation en justice dans l'affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. Proche de Ségolène Royal, elle se voit aujourd’hui confier le ministère délégué aux Personnes âgées et à la dépendance.
MINISTRE DELEGUEE CHARGEE DE L'ARTISANAT DU TOURISME ET DU COMMERCE
Voilà une nomination qui devrait ravir Jean-Michel Baylet, le président du Parti radical de Gauche (PRG) et candidat malheureux à la primaire socialiste. Son ancienne collaboratrice au conseil général du Tarn-et-Garonne, la jeune députée PRG Sylvia Pinel, vient d’être nommée ministre délégué chargée de l'Artisanat, du tourisme et du commerce. Encore inconnue du grand public hier, Pinel s’est faite remarquer sur le web en 2009 en menaçant de porter plainte contre le site deputesgodillots.info qui l’avait épinglée en ces termes : « Elle intervient peu en général et préfère s’occuper de son courrier, écrire des textos et voter généralement avec son groupe. »
MINISTRE DELEGUE À L'ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE
Benoit Hamon
Né en 1967. Eternel «espoir» du PS, Il avait déja annoncé son départ de ses fonctions de porte-parole du parti. Tenant d'une ligne plus à gauche, il pourrait s'accrocher avec son ministre de tutelle Pierre Moscovici, d'obédience sociale-libérale.
DELEGUEE A LA FAMILLE
Dominique Bertinotti
MINISTRE DELEGUEE AUX PERSONNES HANDICAPEES
Conseillère régionale de la région Paca depuis 2009, Marie-Arlette Carlotti a consacré une partie de sa carrière à la défense des droits de l’homme. Elle a organisé, par exemple, des colloques dont les thèmes se concentrent sur la protection des femmes et des enfants. Après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, elle a lancé une action de solidarité du département des Bouches-du-Rhône visant à reconstruire un orphelinat.
MINISTRE DELEGUE AU DEVELOPPEMENT
MINISTRE DELEGUE AUX FRANÇAIS DE L'ETRANGER ET À LA FRANCOPHONIE
Yamina Benguigui
MINISTRE DELEGUE AUX TRANSPORTS
« Le défi maritime français », c’est le texte d’une quarantaine de pages qu’avait cosigné Frédéric Cuvillier sur la politique maritime de la France défendue par François Hollande. Docteur en science politique et Maître de conférences à l'Université du Littoral Côte d'Opale, le député-maire de Boulogne-sur-Mer nommé Ministre délégué aux Transports et à l’économie maritime sera le nordiste du gouvernement.
MINISTRE déléguée aux PME, à l’innovation et l’économie numérique
Fleur Pellerin n’aura pas mis longtemps a adopté la « branchitude 2.0 ». En tant que responsable de l’économie numérique dans l’équipe du candidat socialiste, elle avait pris soin de présenter aux internautes, sur son site web, la démarche qu’elle s’apprêtait à suivre pour « orienter François Hollande ». Mais à force de multiplier les maladresses sur certains dossiers – dont le fameux Hadopi – elle avait été taxée « d’inexpérience politique » par Aurélie Filippetti.
MINISTRE DELEGUE AUX ANCIENS COMBATTANTS
Chargé du pôle coopération pendant la campagne présidentielle, se serait bien vu transformer l’essai au même poste au quai d’Orsay. C’est finalement en défense, plus précisément aux Anciens Combattants que cet ancien rugbyman de haut niveau, talonneur du castres Olympique, aujourd’hui âgé de 52 ans fait son entrée dans l’équipe gouvernementale.
Paris et Berlin travailleront ensemble sur la croissance
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- Mis à jour le mercredi 16 mai 2012 07:56
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La recherche de cette fameuse croissance passerait-elle par hasard par la « libéralisation du travail » ? ; ) (informations complémentaires…)
BERLIN (Reuters) - France et Allemagne sont convenues mardi à Berlin, à l'occasion d'un premier entretien entre Angela Merkel et François Hollande, de présenter en commun des idées sur les moyens de relancer la croissance européenne au Conseil européen du mois prochain.
La relance de l'Europe sur fond de crise grecque a constitué l'essentiel de cette visite du président socialiste chez la chancelière conservatrice, quelques heures seulement après son entrée officielle à l'Elysée.
Lors d'une conférence de presse commune à la chancellerie, les deux dirigeants ont précisé que les mesures à venir sur la croissance devraient notamment concerner les Grecs, dont ils souhaitent le maintien dans la zone euro.
S'agissant du pacte budgétaire européen, François Hollande a rappelé qu'il avait demandé sa renégociation pendant la campagne électorale, tout en laissant entendre qu'il était prêt à envisager un texte séparé sur la croissance.
Le président français a déclaré que tout dépendrait de l'issue des discussions sur la croissance.
"Tout doit être mis sur la table par les uns comme par les autres, tout ce qui peut contribuer à la croissance" lors du sommet informel du 23 mai, a-t-il dit en évoquant les euro-obligations ou l'utilisation des fonds structurels européens.
"Ensuite, nous en tirerons les conclusions en termes d'instruments juridiques nécessaires", a-t-il ajouté.
Angela Merkel s'est quant à elle dite persuadée que Paris et Berlin sauraient "trouver une solution aux différents problèmes".
Au conseil informel, "les discussions porteront essentiellement sur la croissance. Il sera très important que la France et l'Allemagne présentent ensemble leurs idées en juin au Conseil", a-t-elle déclaré.
Le dossier grec fait consensus entre Paris et Berlin, qui souhaitent le maintien d'Athènes dans la zone euro, contrairement à une partie de la classe politique grecque.
FOUDRE
"Je voudrais dire clairement que nous souhaitons que la Grèce demeure dans l'euro", a dit Angela Merkel. "Tout ce que nous pouvons faire pour aider la Grèce sur le plan structurel (...), nous sommes prêts à le faire".
Dans l'esprit de François Hollande, "les Grecs doivent savoir que nous viendrons, par des mesures de croissance, par des soutiens de l'activité, vers eux pour leur permettre d'assurer leur présence dans la zone euro".
François Hollande a accompli à Berlin ses premiers pas de président de la République à l'étranger.
"C'est une image que je voulais donner au-delà de nos différences, une image de confiance dans le travail que nous pouvons engager, de cohérence dans la relation franco-allemande, de continuité aussi", a-t-il dit.
Le président français est arrivé avec une heure vingt de retard sur le programme prévu, son avion ayant été touché par la foudre après son décollage, l'obligeant à faire demi-tour.
"Nous sommes d'autant plus heureux de l'accueillir que la foudre a frappé son avion mais on peut y voir un heureux présage sur la coopération entre nous!", a plaisanté Angela Merkel pour lancer la conférence de presse.
Président et chancelière ont participé à une cérémonie protocolaire sous la pluie à la nuit tombante, dans la cour de la chancellerie donnant sur les bâtiments du Parlement, où ils ont écouté les hymnes des deux pays et passé en revue des détachements des trois armes.
Pour ce baptême du feu diplomatique, François Hollande s'est fait montrer le chemin du coude par Angela Merkel sur le tapis rouge qui soulignait le parcours.
Une partie de ses nouveaux conseillers l'accompagnaient à Berlin. On pouvait reconnaître le secrétaire général adjoint à l'Elysée Emmanuel Macron, son conseiller diplomatique Paul Jean-Ortiz, Philippe Léglise-Costa (Europe), Christian Gravel (Presse), le directeur de l'Union européenne au Quai d'Orsay, Jean-Michel Casa, et l'ambassadeur de France à Berlin, Maurice Gourdault-Montagne.
Elizabeth Pineau, édité par Guy Kerivel
Source : Reuters
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Servier tente de faire capoter le procès du Mediator
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- Mis à jour le mardi 15 mai 2012 08:32
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Aucun honneur... (Informations complémentaires).
NANTERRE, Hauts-de-Seine (Reuters) - Les avocats des laboratoires Servier et de leur président-fondateur, Jacques Servier, ont tenté une dernière fois lundi de leur éviter un procès pour "tromperie aggravée" pour la commercialisation en France entre 1976 et 2009 du médicament Mediator, qui a fait de 500 à 2.000 morts.
Cette affaire, qui serait la pire catastrophe sanitaire en France depuis la Seconde Guerre mondiale si les accusations étaient confirmées, a suscité une remise en cause du système de santé français et de l'influence qu'y exercent les "laboratoires", sociétés privées vendant les médicaments.
Dans une salle du tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) bondée et surveillée par des dizaines de policiers, Jacques Servier, 90 ans, a pris place avec quatre autres dirigeants sur le banc des prévenus, à quelques mètres des parties civiles.
Un homme a brandi devant le tribunal une pancarte avec le nom et la photo de son épouse morte. Jacques Servier, voûté et la voix fluette, n'a répondu en ce premier jour qu'au rituel interrogatoire d'identité. Il a évité la presse au dehors.
Ce procès résulte d'une citation directe délivrée par environ 600 plaignants et une association de consommateurs contre Jacques Servier et les quatre autres dirigeants, la société Servier et sa filiale commerciale Biopharma.
Les personnes physiques encourent jusqu'à quatre ans de prison ferme assortis ou non d'amendes. Les sociétés risquent des amendes et surtout des retraits de licence, donc des interdictions d'activité. Tous les prévenus nient les faits.
Jacques Servier et sa société sont déjà mis en examen dans une information judiciaire en cours à Paris plus approfondie et visant aussi la tromperie ainsi que d'autres délits. Me Hervé Temime, avocat des prévenus, voit cette dualité comme une violation des droits fondamentaux. Il demande donc avec les autres conseils de Servier l'annulation du procès de Nanterre.
Dans sa plaidoirie, Me Temime a estimé que son client était "victime d'une lapidation médiatique sans justification aucune". Il s'en est pris au ministre de la Santé sortant Xavier Bertrand, qui selon lui s'est montré d'autant plus virulent sur le Mediator qu'il veut "s'exonérer de sa responsabilité" en qualité d'autorité de contrôle.
TOXICITÉ
Me Charles Joseph Oudin, un des avocats des victimes présumées, estime que la tromperie est déjà établie. "Servier a fait consommer pendant des années un produit toxique, il n'y a pas débat. Les laboratoires Servier connaissaient cette toxicité depuis le début des années 2000", a-t-il dit à la presse.
C'est aussi l'avis d'Irène Frachon, médecin qui lança l'alerte la première en 2007 et déclencha toute l'affaire. Aux journalistes, elle a parlé de "flagrant délit de tromperie". Elle sera témoin si le procès se tient, comme le député socialiste Gérard Bapt, spécialiste du dossier.
Les avocats de Servier devaient plaider toute la journée diverses demandes visant à faire annuler ou renvoyer le procès, dont des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) et une demande de renvoi pour supplément d'enquête.
Le tribunal devrait se prononcer mardi, mais la Cour de cassation a déjà a priori tranché la question fin décembre en maintenant les deux procédures parallèles de Paris et Nanterre.
Le Mediator, présenté comme antidiabétique mais prescrit par les médecins comme coupe-faim, concerne potentiellement des millions de personnes susceptibles d'avoir contracté les affections cardiaques appelées valvulopathies qui lui sont imputées.
Les plaignants soutiennent que les caractéristiques du Mediator ont été dissimulées dès l'origine et que ses dangers, qui auraient été connus dès les années 1990, ont été cachés sciemment aux professionnels de santé et aux patients.
Le Mediator a été retiré du marché à l'étranger bien avant la France, de même que d'autres produits voisins, soulignent-ils. Les plaignants réclament chacun 100.000 euros de dommages et intérêts.
Si le procès se tient, il se poursuivra au moins un mois.
par Thierry Lévêque
Edité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser
Source : Le Point.fr, Reuters
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Le président Hollande veut une Europe fédérale : le piège du « pacte de croissance »
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- Mis à jour le lundi 14 mai 2012 13:01
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On vous avait prévenu que Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient en fait en phase sur certaines positions. Mais hélas, grâce au truchement de nos « élites », nous n’avons pas eu l'opportunité de faire valoir notre joker dans ces élections. Ainsi, tout le jeu démocratique était biaisé dès le départ et il a donc fallu parer au pire en attendant, sans parler du Mécanisme Européen de Stabilité ou du TSCG au taux irréaliste de 0,5% de déficit... Dans cette marche forcée vers l'abîme européen, il y a d'autres écueils cachés à éviter..., Enfin, si vous ne voulez pas qu'ils sabordent davantage votre nation... (car en plus ils sont sous-entendus ... comme s'il s'agissait d'un point de « détail » non négociable après avoir voté le MES...).
Alors, en ce jour de premier entretien entre Angela Merkel et François Hollande, merci à notre cousin québecquois, Eric Granger, de nous rappeler certaines priorités..., Mais je le dis et le redis, plutôt que de perdre encore plus notre souveraineté nationale, afin de se faire financer par l'Europe à coups d'Eurobonds mutualisés, et ainsi tomber encore plus sous sa coupe, personnellement j'ai confiance en mon pays et je choisirai directement une autre solution, Alors, je pense que ce soir, et dans les jours qui viennent, on va enfin voir le vrai visage de M. François Hollande face à la France et aux Français(es)... ; )

Les jeunes Français, qui ont célébré dans l’euphorie à la Bastille lors de l’élection du nouveau président François Hollande, ont cru à tord que les choses allaient changer, que « le changement c’était maintenant ». Dans une démonstration quasi-hystérique de joie, les Français présents à la Bastille ont cru que c’était la fin de l’austérité et le début d’une croissance économique pour la France. Ils se sont fait avoir.
Dans son programme, le candidat Hollande avait inscrit qu’il allait proposer à ses partenaires européens un « mémorandum détaillé proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance pour modifier et compléter le Traité de stabilité et réorienter la construction européenne vers la croissance ». Les mots qu’il faut retenir ici sont « modifier » et « compléter ». Il n’y a aucune annulation de ce traité de mesures d’austérité de prévu, on ne demandera que d’ajouter un « volet croissance » afin de le « compléter ».
Donc, la question à se poser est : quelle est la nature de ce « Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance ». La réponse n’est pas venue du nouveau Président Hollande lui-même, mais plutôt de Pascal Lamy (Directeur de l’Organisation mondiale du commerce) et de Jacques Attali (ancien président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement).
Dans un article publié dans le Monde, signé par Attali et Lamy et intitulé « Construisons une Europe de la relance ! », les auteurs plaident pour une fédéralisation de l’Europe : c’est-à-dire de faire de l’Europe une entité politique et économique supranationale au détriment de la souveraineté nationale de la France. Les propositions pour « rétablir la croissance » sont celles-ci : créer un Trésor européen et créer des euro-obligations financées par un impôt européen qui prendrait la forme d’une taxe carbone payée par tous les Européens et d’une taxe sur les transactions financières.
Si on lit le programme de François Hollande, c’est exactement ce qu’on y trouve : « Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction. Je proposerai de créer des euro-obligations. » Donc, il ne fait aucun doute que le « Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance » est en fait le Pacte Attali-Lamy.
Il faut noter qu’au niveau européen Nicolas Sarkozy avait exactement le même programme et il aurait lui aussi, sans l’ombre d’un doute, suivit les conseils de Lamy et Attali.
Le piège de la taxe carbone et de la taxe sur les transactions financières
La légitimité de la taxe carbone ne repose que sur le prétexte que l’activité humaine est responsable d’un réchauffement climatique planétaire à travers ses émissions de CO2. Que l’on croit ou non à la véracité scientifique de ce prétexte, il est fort peu probable qu’une taxe carbone changerait quoi que ce soit aux températures enregistrées sur la Terre. Cette taxe, qui serait appliquée à toute les facettes de la vie humaine (car le carbone est une base de la vie sur Terre), ne serait payée que par le contribuable européen. Il ne s’agit en fait que d’une taxe parmi tant d’autres, mais qui est justifiée par un prétexte environnemental pour faire vibrer la corde sensible de tous ceux qui veulent préserver l’environnement. En somme, le discours social répandu est : si tu es contre la taxe carbone, tu es un destructeur de l’environnement. Ce qui est un faux discours qui n’a aucune véracité. Il faut aussi rappeler que la taxe carbone n’est pas une initiative populaire, mais plutôt une initiative inventée par des banquiers comme ceux du Fonds monétaire international. Il va de soi qu’une taxe carbone appliquée à l’échelle européenne (voire mondiale) viendrait diminuer davantage le pouvoir d’achat des habitants de tous les pays d’Europe et augmenterait leur fardeau fiscal qui est déjà très lourd. Il est aussi à noter que Lamy et Attali ne mentionnent pas que cette taxe servira à baisser la température globale de la Terre, mais servira plutôt à renflouer les coffres de l’Union européenne.
Quant à la taxe sur les transactions financières, elle plait bien sûr à tous ceux qui voudraient se venger des banques qui sont responsables de la crise économique actuelle. « Aux banques de payer ! », crient les défenseurs de cette taxe. Encore là, il s’agit d’un piège. Premièrement, les banques internationales telles le FMI, la Banque mondiale ou la Banque des règlements internationaux ne seront pas touchées par cette taxe. En fait, ce ne sont que les plus petites institutions financières au niveau national qui auront à payer cette taxe. De plus, il est fort probable que le paiement de cette taxe sera transmise à monsieur et madame Tout-le-Monde. Si l’on en croit les dires du Directeur du Département des finances publiques du FMI, Carlo Cottarelli : « Une taxe sur les transactions financières ne vise pas à réduire le risque systémique et ne permet pas de taxer efficacement les rentes du secteur financier - la charge risque fort d’être répercutée sur le consommateur ordinaire. » Vous aurez été avertis.
Jacques Attali, promoteur du gouvernement mondial

Selon ce qu’on peut lire dans les journaux en France, Jacques Attali (ainsi que Pascal Lamy) serait « proche de François Hollande ». En effet, dans une chronique publiée dans l’Express, Attali raconte que François Hollande « débarqua dans mon bureau en octobre 1980, avec sa compagne Ségolène Royal, et me proposa ses services pour travailler à la campagne de François Mitterrand ». Attali profite de cette chronique pour encenser le nouveau président élu, faisant une liste de toutes ses qualités et aucun de ses défauts. Il révèle également le véritable objectif, la priorité des priorités de Hollande comme président : la création d’une Europe fédérale. Il écrit : « A l’école de François Mitterrand, il a appris que rien n’est plus important que la justice sociale et l’Europe. Mais que, s’il faut choisir entre les deux objectifs, il faut privilégier l’Europe ». On ne peut être plus clair que ça ! La justice sociale passe en deuxième !
La création d’une entité politique supranationale que serait les Etats-Unis d’Europe est une étape vers la création d’un autre : le gouvernement mondial. Jacques Attali est probablement le plus grand promoteur de ce gouvernement mondial, il est un des seuls à en faire la demande sur toutes les tribunes qu’on lui offre. Dans son livre « Demain, qui gouvernera le monde ? », Attali défend ce point de vue et ose même dire que ce « gouvernement existera un jour. Après un désastre, ou à sa place ». Des mots qui font présager le pire…
Il n’y a donc plus de doutes sur les véritables objectifs du gouvernement de François Hollande. D’abord, accentuer l’intégration politique et économique de l’Europe, voire créer le super-gouvernement des Etats-Unis d’Europe. Puis, à plus long terme, travailler à l’avènement d’un gouvernement mondial, ou comme Nicholas Sarkozy aimait le dire pendant sa dernière campagne électorale : aller vers un Nouvel ordre mondial.
La majorité des Français qui ont cru, en passant simplement de l’UMP au Parti socialiste, que la France était sauvée, ces derniers seront amèrement déçus dans les prochaines années. Dire que certains vous avaient avertis et vous ne les avez pas écouté.
Éric Granger est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Éric Granger publiés par Mondialisation.ca
Source : Mondialisation.ca
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Comme cela était prévu depuis des mois, le breton Jean-Yves Le Drian, 65 ans, vient d'être nommé ministre de la Défense dans le nouveau gouvernement Ayrault. Né à Lorient en juin 1947, Jean-Yves Le Drian est président du conseil régional de Bretagne depuis 2004. Son expérience gouvernementale se limite à un poste de secrétaire d'Etat à la Mer dans le gouvernement Cresson (1991-92)...
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