1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

La police rompt le silence et entame un peu le devoir de réserve (théorique), pour alerter les citoyens de ce qui se passe réellement en son sein. C'est une initiative citoyenne de la part de ces représentants des forces de l'ordre, qui sont aussi des être humains soumis à leurs doutes et hiérarchie.

Les personnels de la fonction publique sont traditionnellement tenus à un devoir de réserve. Coutume interne, celle-ci est désormais profondément ancrée dans les esprits. Mais à l'heure où Internet est devenu un média de masse, le devoir de réserve est de plus en plus difficile à appliquer.

PolicenationaledosÀ rebours de la politique gouvernementale en matière de sécurité, des policiers se sont regroupés autour d'un collectif informel, FPC Production, pour dénoncer la logique répressive et la politique du chiffre en vigueur depuis 2007. Désirant "briser le silence", le collectif a mis en ligne sur YouTube trois vidéos dans lesquelles plusieurs policiers témoignent anonymement.

La première vidéo s'intéresse aux conditions de la garde en vue en France. La première intervenante décrit notamment des locaux "insalubres", tandis qu'un autre explique que "beaucoup de consignes [ont été] passées pour que les gardes à vue soient systématiques dans tout crime ou délit puni d'une peine d'emprisonnement". Et cela, uniquement dans le but de présenter des chiffres censés démontrer la volonté de lutter contre la criminalité.

La deuxième vidéo aborde un sujet délicat au sein de la police, le suicide. Le collectif FPC évoque à ce sujet une moyenne de 50 suicides par an dans les effectifs de la police. L'un des témoignages évoque la pression quotidienne, les conditions de travail pénibles, les insultes ou encore les crachats comme autant de facteurs minant le moral des policiers.

La dernière vidéo traite de la politique du chiffre initiée par le gouvernement. Les critiques portent sur les quotas imposés par la hiérarchie, obligeant les policiers à procéder à des interpellations importantes, à systématiser les procès-verbaux contre les automobilistes ou à s'attaquer aux sans-papiers. "Les statistiques qui sont présentées aux médias sont ridicules, elles ne représentent rien du tout" tranche un policier.

D'après Le Point, la diffusion de ces trois vidéos (qui ont été vues plus de 30 000 fois pour la première et près de 20 000 fois pour chacune des deux suivantes) a conduit l'Inspection Générale des Services à ouvrir une enquête interne. Chaque vidéo rappelle en préambule que le devoir de réserve est "une règle coutumière interne" qui "ne figure pas explicitement dans les lois statutaires relatives à la fonction publique d'État".

Avec l'importance qu'a pris Internet au fil des années, le réseau des réseaux offre désormais aux policiers un moyen de communication sans précédent. En tant que média de masse, Internet rend désormais le devoir de réserve très difficile à appliquer.

Rappelons par ailleurs que la direction de la police nationale a rappelé à l'ordre ses effectifs, en demandant aux policiers dans une note de service diffusée cet été de faire preuve de retenue sur les réseaux sociaux et de respecter scrupuleusement leurs obligations déontologiques.

Informations complémentaires :

 

Source : Numérama

 


Vous êtes ici : Accueil Arrow Divers Arrow Projet FCP : le devoir de réserve des policiers à l'épreuve d'Internet