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Faut pas abuser, il n’y a pas que François Hollande qui soit responsable, tous les hommes et femmes politiques (de notre pays), à leurs petits niveaux, ont leur part de responsabilités dans ce désastre. Du reste, c’est bien pour ça que Macron a été fabriqué par le système pour tenter un pseudo « coup d’État » et prendre les commandes en direct, car ils savent que le monde politique est cramé aux yeux des Français.

France Devaste 14 02 2017
Même si 2016 a été heureusement marquée par un retour de la création d'emplois, le bilan gouvernemental
de François Hollande reste plus que médiocre.

Le système politique de la Ve République est en voie d'explosion. Le futur président aura bien du mal à gouverner.

Dans la solitude de sa fin de règne, à moins de trois mois de quitter le Palais de l'Elysée, François Hollande s'interroge-t-il sur l'état de la France au terme de son mandat ? Même si 2016 a été heureusement marquée par un retour de la création d'emplois, son bilan gouvernemental reste plus que médiocre. Un bon chiffre ne fait pas un printemps économique. Croissance paresseuse, déficits toujours excessifs, chômage encore sur des sommets, dette énorme transformée en bombe à retardement avec la remontée des taux d'intérêt, commerce extérieur en berne, pauvreté à des niveaux records. Un constat sèchement dressé par la Cour des comptes, juge impartial. Les données chiffrées de ces cinq dernières années sont un très gros boulet pour l'avenir du pays. Mais le dossier noir du hollandisme ne s'arrête pas là. C'est une France politique dévastée que François Hollande va laisser en héritage. S'il n'est pas comptable de la situation de plus en plus précaire de la droite, le chef de l'Etat porte la pleine responsabilité de la décomposition de la gauche, et n'aura pas réussi par son action au pouvoir à réduire le Front national. Les historiens en jugeront mais le Président sortant risque fort de laisser une France malade, secouée par une terrible crise de régime.

En effet, tous les ingrédients sont, aujourd'hui, réunis pour qu'elle connaisse une de ces terribles périodes de troubles qui ont secoué son passé. La Ve République a d'abord été conçue pour donner à la vie politique française une stabilité jamais trouvée tout au long de la IVe République. Afin d'atteindre cet objectif, a été mis en place pour la présidentielle et les législatives un scrutin majoritaire à deux tours, une machine à fabriquer du bipartisme. Certes, la représentativité en a souffert  mais les institutions ont démontré leur efficacité et permis aux gouvernants de surmonter bien des épreuves. En outre, le scrutin n'a pas pénalisé la démocratie puisqu'il n'a pas empêché l'alternance entre droite et gauche à partir de 1981.

Les armatures qui protégeaient d'une victoire de l'extrême droite sont en train de plier

Ce subtil échafaudage menace à présent de s'écrouler. Il est, en effet, miné par un autre phénomène : la perte totale de crédibilité des deux grandes forces d'alternance dans la gestion gouvernementale. L'accumulation des difficultés économiques et sociales depuis quarante ans, les échecs répétés face à la montée du chômage de masse, l'émergence d'une crise d'identité nationale ont provoqué un effondrement de la confiance des citoyens dans les deux grands acteurs du bipartisme formaté par le système électoral. Ainsi est né sur le flanc de la droite le Front national, épouvantail par ailleurs bien utile pour rassembler la gauche. Le FN est même devenu le premier parti de France dans les élections intermédiaires depuis cinq ans. Au point qu'aujourd'hui, à deux mois du premier tour de la présidentielle, une seule prévision s'impose au point d'inquiéter les marchés financiers et provoquer une hausse des taux d'intérêt : Marine Le Pen sera présente au second tour. Peut-elle gagner ? Le fameux plafond de verre va-t-il s'effondrer sur la tête des Français ? Rien n'est écrit mais les armatures qui protégeaient le pays d'une victoire de l'extrême droite sont en train de dangereusement plier.

La crise de régime menace parce que les candidats de droite et de gauche avancent sur un terrain électoral instable et rabougri. A droite, la primaire est oubliée et François Fillon, son vainqueur, malgré sa volonté de poursuivre le combat, avance avec une épée de Damoclès au-dessus de sa candidature. Même s'il n'était pas contraint de renoncer par une mise en examen, l'affaire de l'emploi de son épouse et de ses enfants  affaiblit sérieusement sa capacité de rassemblement. Fillon campe dans un pré-carré rétréci et, s'il passe le cap du premier tour, son socle électoral sera trop étroit pour, en cas de victoire, créer un élan et imposer son programme de rupture au pays.

A gauche, la situation n'est pas meilleure. Benoît Hamon a été élu à l'issue de la primaire sur un programme radical qui le cantonne à naviguer dans des eaux basses au premier tour. Ce succès a cassé en deux le Parti socialiste. En outre, Jean-Luc Mélenchon n'est pas près de rendre les armes. Aller au-delà des 20% paraît une tâche impossible.

Le prochain chef d’Etat présidera sans le soutien politique véritable des Français

Reste Emmanuel Macron, talentueux prince d'une ambiguïté dont il redoute, de toute évidence, de sortir à son détriment. Sa percée est remarquable mais il plafonne dans les sondages, ne rallie pas en masse les déçus du fillonisme et risque de devoir affronter François Bayrou si ce dernier décide de se présenter la semaine prochaine. Sa candidature entre droite et gauche et l'engouement qu'elle suscite dans une partie de l'électorat est, en tout cas, un autre symptôme de la dérégulation de notre système politique.

Cette implosion du bipartisme fait que le candidat qui affrontera Marine Le Pen ne sera porté par aucun grand vent électoral. Rien à voir avec 2002 ! Certes, Jacques Chirac avait recueilli moins de 20% des suffrages mais il devançait son adversaire Jean-Marie Le Pen. En outre, son parti, l'UMP, était solide. Tout comme le Parti socialiste malgré l'échec de Lionel Jospin. Ces deux grandes formations sont d'ores et déjà très minoritaires dans le pays et peu armées pour s'installer de manière sereine au pouvoir. Car, après la présidentielle, viendront les législatives. Ces élections pourraient sceller définitivement la crise de régime.

Présider mais avec quelle majorité au Parlement ? Si Marine Le Pen l'emporte, il lui sera bien difficile d'en obtenir une. Il est peu probable que les Français donnent tous les pouvoirs à Benoît Hamon s'il venait à l'emporter. En outre, il aurait à affronter sur le champ de nouveaux frondeurs. Les Républicains, compte tenu de leur organisation, pourraient peut-être obtenir une majorité à l'Assemblée au service de François Fillon  mais elle souffrirait aussitôt de soutenir ce Président élu par défaut, disposant d'une assise électorale trop étroite. Même si son mouvement «En marche» est bien organisé, les législatives seraient aussi une délicate épreuve pour Emmanuel Macron. Surtout si son score de premier tour ne dépasse pas les 20%. En outre, il se heurterait sur le champ à tous ceux qui, à gauche comme à droite, donneraient la priorité à la reconstruction de leur famille politique.

Le pire, heureusement, n'est pas sûr, mais jamais le pays n'a été aussi friable. Ses structures politiques sont si lézardées qu'elles peuvent s'écrouler d'un seul coup après une élection présidentielle qui verra, c'est une triste certitude, s'installer à l'Elysée un chef de l'Etat sans soutien politique véritable des Français. Bref, avec de lourds orages sur la tête et le risque d'une crise majeure.

 

Source(s) : Challenges.fr via Contributeur anonyme

 

 

 

 

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