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Pendant que Nicolas Sarkozy prend ses quartiers d'été au Cap Nègre, Éric Woerth se démène avec la succession César.... Un petit coup de pouce ?

En difficulté dans l'affaire Bettencourt, le ministre du Travail Éric Woerth doit faire face à une nouvelle affaire : il est intervenu en 2008 en tant que ministre du Budget pour obtenir un dégrèvement fiscal de 27 M€ sur la succession du sculpteur César.

Il y a des vacances qui commencent mal. Si Éric Woerth comptait souffler un peu, épuisé par les rebondissements de l'affaire Bettencourt, le voilà au cœur d'une nouvelle affaire dans laquelle, à nouveau, apparaît le soupçon de conflits d'intérêts entre son ancienne fonction de ministre du Budget (2007-2010) et celle de trésorier de l'UMP, qu'il a abandonnée vendredi dernier.

Hier, Libération a dévoilé une lettre signée du ministre du Budget en date du 24 avril 2008, attestant qu'Éric Woerth est « directement intervenu dans un contrôle fiscal, celui de la succession du sculpteur César » ; alors même que le ministre a toujours affirmé n'avoir jamais « empêché ou déclenché un contrôle fiscal » pendant son passage à Bercy… L'intervention de 2008 s'est traduite par l'effacement d'une ardoise fiscale de 27 millions d'euros de la succession de l'artiste, dont l'exécuteur testamentaire se trouve être l'un des plus généreux donateurs de l'UMP, Alain-Dominique Perrin, ex-PDG du groupe de luxe Richemont (Cartier, etc.) et toujours administrateur exécutif de la Compagnie financière Richemont. Hier, celui qui est aussi président de la Fondation Cartier pour l'art contemporain ne décolérait pas contre Libération. « La lettre [reproduite] est bidouillée, elle est tronquée. C'est un travail de faussaire », tonne M. Perrin, qui assure que « la position de l'administration fiscale a changé en cours de contrôle à l'issue d'une longue procédure pénale entre les héritiers » de César. « M. Woerth n'est pas intervenu personnellement. C'est totalement faux », poursuit-il. Même ton excédé du côté du ministère du Travail où l'on accuse Libération « de montrer de toutes pièces de soi-disant dossiers en ayant recours à la même tactique de l'amalgame, de l'insinuation et de la déformation des faits. » Mais les faits étant têtus, le ministère a toutefois longuement justifié hier toutes les étapes de la procédure suivie par l'administration fiscale sur la succession César qui avait omis de déclarer 300 œuvres du sculpteur. Cette nouvelle affaire s'ajoute pour Éric Woerth aux épines qui, de semaines en semaine, minent sa crédibilité. Hier le député PS Bruno Le Roux a réclamé la nomination d'un juge d'instruction sur les dossiers dans lesquels apparaît le nom d'Éric Woerth. « On ne peut plus vouloir étouffer ces affaires qui sont mauvaises pour la République », estime l'élu socialiste.

Jack Lang à la rescousse

Seule consolation pour Éric Woerth, le soutien… de Jack Lang. L'ex-ministre socialiste de la Culture estime qu'on fait « un procès injuste » à Éric Woerth qui était « dans son rôle » sur le dossier fiscal de la succession César. « Les recours gracieux sont normaux », assure Jack Lang. Pas sûr qu'après le chèque de 30M€ signé par Bercy à Liliane Bettencourt, l'opinion trouve « normal » l'effacement d'une ardoise de 27 M€.


Source :
La Dépèche.fr

Informations complémentaires :

AFP : Succession César: le FN demande à Woerth de s'expliquer "publiquement"
Le Parisien : Après l'affaire Bettencourt, une affaire César pour Eric Woerth ?
Rue89 : Succession de César : affaire Woerth ou « couillonnades » ?

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