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Voilà un article bien argumenté d'Agoravox sur les récents événements qui ont gravités autour de Michèle Alliot Marie. Michèle Alliot Marie qui, semble-t-il, avait donné son aval à Albin Chalandon pour défendre son fils Fabien Chalandon, dans le cadre des présomptions d'infraction à la loi de 1983, relative aux jeux de hasard, de la société Visionex dont il était salarié. Société qui fabriquait des bornes multimédia à double usage permettant les jeux de hasard. Dans tout ceci vient s'ajouter le nom de David Senat qui était le conseiller pénal d'Alliot Marie. David Senat qui est justement le subtil et citoyen contact du Monde qui dans un élan de rebellion aurait fournit les procès verbaux de Patrick de Maistre à la presse, avant d'être prestement muté à Cayenne. Bref, une grosse et grasse histoire de gros sous, où l'on retrouve toujours les mêmes protagonistes, ce microcosme de l'élite qui nous gouverne, avec ses ramifications tentaculaires et ses motivations bien terre à terre.

Mam Amouchi

Nouvelle venue dans l’affaire Woerth-Bettencourt-UMP, Michèle Alliot Marie s’invite dans le dossier qui pourrit la vie du gouvernement depuis cet été.
Son nom avait déjà été évoqué au moment où Rachida Dati la précédait à son poste de Garde des Sceaux.
Fabien Chalandon, fils d’Albin, ex garde des sceaux, est impliqué dans une affaire de bornes internet permettant des paris clandestins.
Il s’agit des bornes Internet de l’entreprise VisioNex, permettant des paris clandestins.
Si on ouvre le site de VisioNex, on a pourtant une description très clean de l’entreprise, et des bornes proposées.
« Outil citoyen, la borne publique VisioNex met l’interactivité au service de la proximité ».
Plus loin, on découvre que « l’outil citoyen » « est en totale conformité avec le Code de la Consommation règlementant les loteries commerciales dites à double accès ».
Il semble bien pourtant que çà n’est pas été l’avis de la justice.
Le 5 février 2008, 4 policiers des RG (renseignements généraux) débarquent dans l’usine d’Avranches qui fabrique les bornes en question, et opèrent des gardes à vue, des perquisitions, bloquent les 350 bornes déjà installées et les comptes bancaires, et mettent en examen Sigoignet, le chef de l’entreprise pour « non respect de la loi de 1983 relative aux jeux de hasard ». lien
En réalité, ces machines présentées comme de simples points d’accès à Internet, possédaient un écran tactile, qui pouvait être activé moyennant quelques euros. Le joueur pouvait alors participer à des parties de poker, ou tenter sa chance avec des bandits manchots.
Les points gagnés étaient convertis en euros par le gérant du café qui gérait les bornes installées.
Le manège a duré près d’une année avant d’être découvert par les services de la police. lien
Mais que vient faire M.A.M. dans cette affaire ?
Albin Chalandon, et son fils Fabien Chalandon avait soutenu Sigoignet, patron de Visionex, dans son entreprise d’installation de ces bornes numériques. lien
Ils avaient demandé à M.A.M de favoriser l’installation de ces fameuses bornes, à l’époque où elle était ministre de l’Intérieur, Fabien Chalandon étant salarié par l’entreprise Visionex, 10 000 € mensuels en échange de ses « conseils ».
Lorsque la police a commencé ses investigations, Fabien Chalandon a été alerté par un inconnu et a demandé l’aide de son père, Albin Chalandon, lequel a contacté Alliot Marie. lien
M.A.M a donc envoyé une lettre à Rachida Dati, lui suggérant d’intervenir pour sauver la tête de Fabien Chalandon.
La ministre a démenti, bien sûr.  lien
La Chancellerie, interrogée par l’AFP indique que « ce courrier ne fait que confirmer un avis favorable rendu en 2007 par les services du ministère de l’Intérieur sur l’exploitation des bornes » qui dissimuleraient des jeux d’argent.
Pourtant le démenti opposé par M.A.M sonne creux, s’il faut en croire le journal « le Parisien ».
Celui-ci confirme qu’Albin Chalandon, avait bien appelé M.A.M afin qu’elle intervienne pour défendre son fils, Fabien Chalandon. lien
Le 1 juillet 2010, ce dernier a été interpellé et placé en garde à vue dans les locaux de la BRB (brigade de répression du banditisme). lien
Un autre nom vient de s’inviter, bien malgré lui, dans cette affaire, celui du magistrat David Senat.
Il était le conseiller pénal d’Alliot Marie.
Il a été récemment mis en cause dans les fuites publiées dans la presse sur le dossier Bettencourt.
Il serait la « taupe » qui aurait fourni au journal « le Monde » les procès verbaux d’auditions de Patrice de Maistre dans l’affaire Voerth-Bettencourt-UMP. lien
Du coup, on retrouve en première ligne Nicolas Särközi, puisque l’Elysée est soupçonné par « Le Monde » d’avoir utilisé le contre-espionnage (DCRI) afin d’identifier son informateur.
« Le Monde » a d’ailleurs a porté plainte contre X, pour violation du secret des sources le 20 septembre 2010, accusant l’Elysée d’en être à l’origine. lien
Comme par hasard, David Senat a connu « un changement d’affectation », que l’intéressé affirme « avoir demandé  ».
Ce qui ne trompe pas grand monde.
Dans « le Parisien », qui évoque une « éviction brutale  », il est dit : « il s’agit en réalité de la mise à l’écart de ce conseiller spécial de Michelle Alliot Marie »
Pour Gérard Davet, le journaliste du Monde, qui a publié sur l’affaire Bettencourt-Woerth-UMP, « il n’y a pas l’ombre d’un doute, l’Elysée a demandé, et obtenu, qu’il soit écarté ». lien
On le sait aujourd’hui, David Sénat a été envoyé à Cayenne, où il est chargé de préfigurer la création de la Cour d’appel de Cayenne. lien
Nous sommes bel et bien dans une affaire de « Sarkogate  ».
Sauf qu’en France, çà ne fonctionne pas si bien qu’aux Etats Unis, et que, lorsqu’un président est soupçonné d’avoir espionné, il n’est pas débarqué pour autant.
Sur cette vidéo, « le Monde » accuse l’Elysée.
 
 
C’est un ex-directeur du cabinet de M.A.M, Michel Delpuech, préfet en région Picarde, qui aurait impliqué David Senat dans l’affaire de l’installation des bornes. lien
Si l’on tente de dérouler le fil des deux affaires qui se trouvent aujourd’hui liées, on s’aperçoit qu’Alliot Marie aurait favorisé d’une manière ou d’une autre, l’installation de ces bornes, condamnées aujourd’hui,
Que le fils Chalandon qu’elle avait tenté de protéger se trouve mis en examen et en détention provisoire, lien
Et que son ex-conseiller David Senat, accusé d’avoir transmis des documents concernant l’affaire Woerth-Bettencourt-UMP se trouve impliqué, suite à la dénonciation de Michel Delpuech, ex directeur du cabinet de M.A.M., dans l’affaire VisioNex.
Les investigations menées par la police à son domicile auraient permis de découvrir une copie des rapports confidentiels sur l’affaire Woerth-Bettencourt-Sarközi. lien
Est-il l’objet d’une manipulation, d’une punition pour avoir fait connaitre les documents à la presse ?
En tout cas, la majorité présidentielle est plus franche, et déclare « il est légitime de sanctionner un haut-fonctionnaire déloyal ».
Les choses sont plus claires ainsi. lien
François Fillon en a d’ailleurs remis une couche en déclarant «  la république ne peut pas accepter que soit violé le secret de l’enquête (…) que les journalistes recherchent, c’est normal. On ne peut pas laisser un magistrat violer le secret de l’enquête. Quelle République accepterait cela  ». lien
Sauf que sans le lanceur d’alerte qu’a été David Senat, l’affaire n’aurait peut-être jamais été connue.
Revenons à celle-ci.
Le procureur général de la cour de cassation, Jean Louis Nadal, supérieur hiérarchique du procureur Courroye, a recommandé qu’un juge soit chargé de l’affaire Bettencourt-Woerth.
Résumé sur ce lien.
Mais Courroye fait la sourde oreille.
Comment ne pas comprendre qu’aujourd’hui Alliot Marie ait déclaré le 28 septembre 2010 qu’elle n’interviendrait pas, ce qui implique le fait qu’elle soutient le Procureur Courroye dans son attitude sur ce dossier. lien
Fait-elle preuve d’humour lorsqu’elle affirme qu’elle respecte « l’indépendance de la justice  » ? lien
On se souvient que ce procureur a été nommé par l’Elysée, ce qui laisse mal augurer de cette indépendance.
Le président du groupe socialiste, Jean Marc Ayrault a estimé que le refus de désigner un juge d’instruction était inexplicable, et cachait une volonté d’étouffer l’affaire.
Dominique de Villepin monte à son tour au créneau assurant qu’il serait « normal » de confier cette affaire à un juge d’instruction.
Il a déclaré : « j’en reste aux principes, et le principe, c’est que dans toute démocratie, il faut qu’une justice indépendante puisse se prononcer ».
C’est au syndicat de la magistrature que revient la conclusion :
« Ainsi est assurée la poursuite d’une enquête opaque, contrôlée par le pouvoir, sans juge indépendant, sans partie civile, sans avocats, sans droits de la défense et sans réels moyens d’investigation, dont seuls les plus hauts représentants du pouvoir exécutif connaissent les développements, au jour le jour ».
Comme le dit Eva Joly «  il y a en France une justice de classe, dure pour les faibles, et laxiste pour le pouvoir  ». lien
La France va-t-elle sortir de sa torpeur, et continuer d’accepter cette situation sans réagir, face à ce scandale, cette affaire d’état ?
Et la vérité va-t-elle enfin sortir du puits ?
On n’en sait rien, car comme disait mon vieil ami africain :
« La bouche qui ment est plus dangereuse que la bouche du canon ».
 
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image provenant du site la-clau.net
 
Source : Agoravox.fr
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