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On voit le sens de l'humour d'Eric Woerth qui ne manque pas de cynisme et parle de "beau débat de la Ve République."

Ceci alors que Bernard Accoyer a coupé court aux discussions et que le gouvernement a décidé d'utiliser la procédure d'urgence pour faire passer cette réforme injuste,  dans l’optique qu'elle doit adopter par le parlement fin octobre, début novembre. Ce nivellement des acquis sociaux par le bas
ne vous rappelle rien ?

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par Emile Picy

PARIS (Reuters) - Les députés français ont adopté mercredi dans un climat houleux le projet de loi réformant les retraites, une priorité du quinquennat de Nicolas Sarkozy, laissant augurer des débats difficiles au Sénat.

Ce projet, qui porte de façon progressive l'âge légal de départ de 60 à 62 ans à l'horizon 2018 et relève de 65 à 67 ans l'âge permettant d'obtenir une retraite à taux plein, a été voté par 329 voix contre 233 après des échanges passionnés.

Le texte a été modifié à la marge par des amendements du gouvernement sur la pénibilité ou les carrières longues.

Des noms d'oiseau ont été échangés au cours de la dernière nuit de débat et l'opposition socialiste a réclamé la démission du président de l'Assemblée nationale, l'UMP Bernard Accoyer, accusé de "forfaiture" pour avoir coupé court à la discussion.

Arborant symboliquement leurs écharpes tricolores, des élus de gauche ont poursuivi Bernard Accoyer dans les couloirs aux cris de "putschiste" et de "factieux."

"Bernard Accoyer n'est que le pantin d'une farce sinistre", a dit Marisol Touraine, députée PS, sur la chaîne Public Sénat.

La réforme, présentée par Eric Woerth, ministre du Travail, fragilisé par des soupçons de trafic d'influence pour des liens avec le gestionnaire de fortune de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, divise très clairement la classe politique.

Les groupes UMP, à l'exception des partisans de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin qui se sont abstenus, et du Nouveau Centre ont voté pour.

Les groupes PS et de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) ont voté contre ce projet de loi que le Sénat examinera à partir du 1er octobre.

"C'est un pas important qui a été franchi", a déclaré Eric Woerth, parlant de "beau débat de la Ve République."

AJUSTEMENTS POSSIBLES

Nicolas Sarkozy a toutefois déclaré mercredi à des sénateurs UMP que des ajustements seraient encore possibles lorsque le projet sera soumis à la haute assemblée, où la majorité est beaucoup plus réduite qu'à l'Assemblée.

Mais il a insisté sur la nécessité de ne pas toucher aux "mesures d'âge", à commencer par le recul de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite, qui sont au cœur du projet de loi voté mercredi par les députés.

Ces mesures représentent quelque 20 milliards d'euros de recettes à l'horizon 2018 mais sont encore insuffisantes pour combler le trou estimé, si rien n'était fait, à 50 milliards d'euros en 2020 par le Comité d'orientation des retraites (Cor).

Selon le sénateur de Haute-Marne Bruno Sido, qui participait à la réunion, le président a laissé entendre qu'il serait possible d'aller plus loin sur la prise en compte des métiers pénibles pour l'âge du départ à la retraite.

"On a demandé quelles étaient les marges possibles pour le Sénat, il nous a dit que, au-delà du cœur de la réforme, on pouvait encore regarder un certain nombre de problèmes", a-t-il dit à sa sortie de l'Elysée.

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, a réaffirmé après le vote que le PS replacerait la barre à 60 ans si l'opposition revenait aux affaires en 2012.

"Nous rétablirons les retraites à soixante ans et à soixante cinq ans. Les revenus du capital devront contribuer, ce n'est que justice", dit-elle dans un communiqué.

Après le vote du Sénat, une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat sera convoquée pour mettre au point un texte commun aux deux assemblées qui sera soumis aux députés et sénateurs pour son adoption définitive.

L'objectif du gouvernement, qui a décidé d'utiliser la procédure d'urgence, est de faire adopter définitivement cette réforme par le Parlement fin octobre, début novembre.

Edité par Yves Clarisse


Source : Reuters

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