Crise coréenne : Séoul veut imposer ses sanctions à Pyongyang

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Le pire c'est que la Corée du Nord avait détendu le jeu ces derniers temps. C'est dommage d'en arriver là, surtout que cela peut mener au pire et rapidement...


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La Corée du Sud a répété mercredi qu'elle entendait sanctionner la Corée du Nord, accusée d'avoir coulé un de ses navires de guerre, malgré les menaces de Pyongyang de rompre ses relations bilatérales.

Le chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, qui est au même moment à Séoul pour apporter son soutien aux Sud-Coréens, a appelé la Corée du Nord à cesser ses provocations et menaces.

La secrétaire d'Etat américaine a également souligné que la communauté internationale devait répliquer au naufrage d'une corvette sud-coréenne, coulée par la Corée du Nord selon une enquête internationale.

Pour ajouter à une tension déjà très vive dans la péninsule, la Corée du Nord a menacé mercredi de bloquer l'accès à un complexe industriel transfrontalier si Séoul reprend la diffusion de sa propagande, selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Cette nouvelle crise entre les deux frères ennemis coréens, séparés depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53), a été déclenchée par la publication la semaine dernière des résultats d'une enquête internationale concluant que la corvette sud-coréenne Cheonan avait été coulée le 26 mars par une torpille nord-coréenne.

Arrivée en provenance de Pékin où elle a tenté d'obtenir plus de fermeté des Chinois vis-à-vis de leur allié nord-coréen, Hillary Clinton a rencontré le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Yu Myung-hwan, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Elle devait ensuite s'entretenir avec le président coréen Lee Myung-Bak.

La secrétaire d'Etat avait déclaré mardi que Washington "allait travailler avec la communauté internationale et (ses) collègues chinois pour mettre au point une réponse efficace et appropriée".

La Chine a fait de son côté des concessions de pure forme en soulignant être "prête à travailler avec les Etats-Unis et d'autres parties" en vue d'apaiser les tensions.

Pékin est toujours en train d'évaluer les conclusions de l'enquête internationale mettant en cause le Nord.

La Corée du Sud a promis lundi de "faire payer" à Pyongyang "le prix" du naufrage, en demandant de nouvelles sanctions à l'ONU et en suspendant les échanges commerciaux avec son voisin. Mercredi, Séoul a répété son intention de "punir" le Nord.

"La Corée du Nord aurait dû s'excuser pour l'attaque contre le Cheonan et sanctionner les responsables, mais de nouveau elle brandit des menaces, qui minent davantage les relations intercoréennes", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Unification, Chun Hae-Sung. "Le gouvernement répondra par la fermeté aux menaces nord-coréennes et mettra en oeuvre les mesures (de rétorsion) annoncées le 24 mai".

Le président sud-coréen Lee Myung-Bak a annoncé lundi la suspension de tous les échanges commerciaux avec le Nord et la fermeture aux navires marchands nord-coréens des couloirs de navigation du Sud.

Le Nord, qui nie toute implication dans le naufrage, a annoncé mardi avoir décidé de rompre ses relations avec la Corée du Sud qu'elle a menacée d'une "guerre totale" en cas de nouvelles sanctions.

"Il n'y a lieu de montrer ni patience ni clémence pour de tels maniaques de la confrontation, traîtres et bellicistes tels que la clique du président Lee Myung-Bak", a estimé le Nord dans un commnuniqué, reprenant sa phraséologie habituelle.

Mercredi, Pyongyang a également annoncé avoir coupé toutes les communications clé avec le Sud. Le régime communiste a également menacé de bloquer l'accès au complexe industriel de Kaesong si Séoul reprend la diffusion de sa propagande.

La Corée du Sud a indiqué qu'elle entendait reprendre la diffusion, par radio et par des haut-parleurs situés le long de la frontière militarisée, de messages de propagande dirigée contre le Nord, interrompue depuis six ans.

Par ailleurs, dès lundi, en raison des vives tensions, le ministère sud-coréen des Transports a donné instruction aux compagnies sud-coréennes d'éviter l'espace aérien nord-coréen.

Cela concerne une vingtaine de vols quotidiens vers les Etats-Unis et la Russie, qui seront ainsi rallongés de 30 minutes à une heure.


Source : Le Point.fr

Informations complémentaires :

Le Monde.fr : Pyongyang bloquera la frontière si le Sud reprend sa propagande
France-Soir : Corée du Nord-Corée du Sud : entre les deux, la Chine
Le NouvelObs : Séoul sanctionne Pyongyang et veut en appeler à l'ONU