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Pour savoir comment tout cela est possible, vous pouvez regarder le documentaire de Cash Investigation qui est assez abordable : Cash investigation : Marketing : les stratégies secrètes

Ainsi qu'un autre documentaire plus technique mais passionnant : Big Data - Les Nouveaux Devins (Spécial Investigation)

Et finalement en quoi ces technologies ont pu avoir un impact sur la présidentielle française de 2017 : Le « big data » ou la recette secrète du succès d'Emmanuel Macron ?

Sur ce je vous souhaite un agréable soirée, ; )))

Amicalement,

f.

Facebook 23 03 2018

Tout porte à le croire, au vu du scandale qui frappe actuellement la société de Mark Zuckerberg : Facebook a servi de vivier de données à un outil destiné à mener la guerre psychologique en vue de soutenir la campagne présidentielle de Donald Trump. La droite de conviction se serait bien passée de ce type de manipulation : les Américains ont-ils trop voulu croire qu’à l’amour comme à la guerre, tous les coups sont permis ? Le scandale Cambridge Analytica ne fait que commencer… Tout commence en 2014 avec un Canadien qui se décrit comme gay et vegan, Christopher Wylie, 24 ans. A lui revient alors la tâche de créer un logiciel informatique qu’il désigne en ces termes élégants : « L’outil de guerre psychologique de Steve Bannon pour enc… les esprits. » Pourquoi Bannon ? Parce que l’ancien président exécutif du réseau Breitbart était en 2014 le patron de Wylie. Et que le financier de Breitbart, le milliardaire de hedge fund Robert Mercer, a investi alors dans Cambridge Analytica, la société créée par Wylie et qui appartient à une société mère britannique, SCL Group, spécialisée dans l’analyse comportementale, l’analyse de données et la communication stratégique, s’il faut en croire The Guardian.

La campagne Trump soutenue par un outil de guerre psychologique…

Pour le site conservateur The New American tout cela est digne de foi : l’objectif de Bannon et Mercer était de pouvoir disposer d’un outil complexe d’extraction de données, d’analyse et de manipulation destiné à « apporter les données du Big data et des réseaux sociaux à une méthodologie militaire établie – les « opérations d’information » – avant de tout diriger vers l’électorat américain », comme l’a expliqué Wylie au quotidien de gauche londonien. Il se défend maintenant d’avoir voulu faire servir cet outil, qu’il a en effet créé, pour favoriser l’élection de Donald Trump. Quant à l’implication de Facebook, elle n’avait pas été projetée d’emblée. Le problème surgit au cours des élections de mi-mandat en 2014 aux Etats-Unis. L’outil de Cambridge Analytica a été développé grâce notamment aux 15 millions de dollars investis par Robert Mercer, et présenté à son conseiller politique Steve Bannon : il va permettre d’identifier les personnalités des électeurs américains de manière à pouvoir influencer leur comportement. Outil puissant, mais à ce moment-là inutile : il n’y a pas de données à analyser. C’est une arme sans munitions, commente The New American. Wylie imagine un expédient : il va se tourner vers Facebook qui a les profils de la quasi-totalité des « Millenials » et de la plus grande partie de la génération du baby-boom. D’anciens employés de sa société sont formels : Cambridge Analytica passe par un tiers, un chercheur, l’Américano-russe Aleksandr Kogan, pour acquérir les données : 1 million de dollars changent de mains, pour plus de 50 millions de profils complets. Cela concorde avec ce que répond aujourd’hui Facebook : les données avaient été achetées en vue d’une étude universitaire.

Cambridge Analytica : un outil d’analyse et d’exploitation de données privées

Facebook tempête aujourd’hui en assurant que c’était une escroquerie – et on imagine la firme de Mark Zuckerberg d’autant plus dépitée que ses sympathies ne penchent visiblement pas à droite, si on en juge par ses interventions contre des contenus présentés comme « sensibles ». Mais la seule sanction prise pour l’instant par Facebook est la suspension des comptes de Cambridge Analytica, Christopher Wylie et Aleksandr Kogan – ce dernier ayant subi la même sanction précédemment pour avoir manqué de respect à l’égard d’un autre utilisateur. On peut s’en remettre. Et donc, tout va bien ? Facebook peut-il s’en tirer en rejetant la faute sur les trois suspendus et au-delà, sur la campagne Trump ? Le fait est que le réseau social n’a pas hésité un seul instant à transmettre des données personnelles suffisantes pour créer des profils psychologiques d’une étonnante précision à un quidam qui les a réclamées sous prétexte de mener une étude purement académique. C’est pour le moins léger.

L’outil de Wylie, Trump et Mercer utilisé pour manipuler les données d’utilisateurs de Facebook

Wylie, quant à lui, a quitté Cambridge Analytica à la fin de 2014 : non qu’il ait eu des scrupules quant à l’outil qu’il a développé, mais parce que – en tout cas, c’est ce qui apparaît aujourd’hui – cet outil a servi à faire élire Donald Trump en utilisant des données privées, ce qui d’après The Guardian est documenté par des preuves écrites. Celles-ci désignent la droite, on n’en a pas autant sur la gauche mais celle-ci, on le sait bien, manipule les réseaux sociaux à sa manière par le jeu des fil d’actualité et des suspensions de comptes. A chacun sa guerre… Le procédé de Wylie a suffisamment bien fonctionné, note The New American, pour que Cambridge Analytica ait généré 180 millions de profils supplémentaires depuis l’élection américaine, et que sa société mère, SCL Group, ait remporté des contrats auprès du Pentagone – « C’est du Nixon sous stéroïdes », s’est indigné Wylie auprès de la journaliste du Guardian. Oui, le complexe militaro-industriel veut disposer d’un « outil de guerre psychologique pour enc… les esprits ». On peut regretter que Wylie ait développé un outil comme celui qu’il a réalisé à la demande de Bannon et Mercer. Mais les données exploitables n’existeraient pas si Facebook n’avait pas la possibilité de les accumuler, de les exploiter, de les extraire, de les vendre. Et hélas, nombreux sont les individus qui rendent tout cela possible en partageant leurs détails personnels et intimes.

Anne Dolhein

Source : Le Blog à Lupus

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