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Enfin vu les conditions de vie de la population, et ce que leur a coûté l'organsiation de ce Mondial, l'ambiance est pour le moins explosive. On comprend qu'ils n'aient pas voulu mettre le feu dans les favelas (informations complémentaires).

Bresil 13 06 2014
Le premier match de la Coupe du monde 2014 au Brésil, Brésil-Croatie, a déçu. © A. Vilf / RIA NOVOSTI / AFP

Pascal Praud revient sur le fiasco du premier match Brésil-Croatie. Il juge le Brésil minable et l'arbitre, complaisant. Pour lui, le Mondial commence mal.

C'est ça, le Brésil ? Cette bouillie de football ? Incapable de faire trois passes de rang. Jeu collectif : zéro. Inspiration : zéro. Changement de rythme : zéro. Une défense aux abonnés absents. Une attaque sans talent, sauf Neymar. Comment imaginer la Seleção championne du monde avec des footballeurs comme Fred et Hulk ? Ce sont eux, les fils et petits-fils de Jaïrzinho, Tostão, Rivaldo, Romario, Bebeto, Ronaldo ou Ronaldinho ? Ça fout les jetons. Et qu'on n'évoque pas la pression d'un peuple ou le commencement de la compétition. Hulk et Fred ne sont pas des artistes. Ils sont titulaires parce que le Brésil n'a pas mieux en magasin.

C'est ça, la Coupe du monde ? Un arbitrage à la papa ? À la maison ? Comme au bon vieux temps ? Ni vu, ni connu, je t'embrouille. Un penalty qui n'existe pas. Un but refusé et hop ! Le pays organisateur gagne le match. Il y a des jours où Thierry Roland me manque. J'imagine ce qu'il aurait dit de cet arbitre japonais : "Vous me direz pas, mon petit Jean-Michel, etc." Au lieu de cela, la presse française cire les chaussures de Neymar. À force de positiver, on dit n'importe quoi. Tout va très bien, madame la marquise. La vérité est que ce match sent la contrefaçon. C'est un fake. La première rencontre du Mondial a déçu. Fiasco et tristesse.

Nostalgie

Les Brésiliens ont enchanté le football, réalisé des tours de passe-passe de 1958 à 1986, gagné parfois, séduit toujours. Seuls comptaient la beauté du geste et le jugement des esthètes. Le jeu était un plaisir ; le footballeur, un magicien. Ces enfants de la balle ne grandissaient pas, naïfs jusqu'au suicide, bercés d'idées pures et de rêves offensifs. Qu'importe s'ils perdaient à condition qu'ils flambent un match.

Entre 1970 et 1994, ils n'ont pas gagné et ces échecs ont modifié leur style. Le jeu brésilien a trépassé. Il appartient au monde d'hier comme le télégramme ou la Renault 16. Il a disparu quand les meilleurs joueurs du pays ont quitté Botafogo ou Fluminense pour Milan et Madrid. Les enfants jouent moins dans la rue. Ils partent trop jeunes en Europe. Les voyages forment la jeunesse, mais tuent l'inspiration. Garrincha est mort. Socrates est mort. Pelé est un vieux monsieur. Les marchands ont gagné. Les bûcherons bûcheronnent. La Seleção vend du rêve sur carte postale et ses buts des temps anciens tournent sur YouTube. C'est là que je finirai ma journée : vive les footballeurs sans protège-tibias, le jeu d'avant, les entrechats, le rythme et la chorégraphie. Je sais, je suis old school.

 

Source : Lepoint.fr via Maître Confucius

Information complémentaire :

Crashdebug.fr : Mondial de foot 2014. Le coût scandaleux des jeux du cirque