Roms : Reding «regrette» la comparaison avec la déportation, Paris «prend acte»

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Le parallèle était pourtant historiquement vrai...

La présidence belge de l'UE a, par ailleurs, rappelé que la Commission européenne devait «veiller» au respect par la France des règles européennes au sujet des renvois controversés de Roms.

Premier avertissement à l’ouverture du sommet des dirigeants des 27 à Bruxelles. La présidence belge de l'UE a rapplé jeudi que la Commission européenne devait «veiller à la bonne application des engagements pris par la France» sur les renvois controversés de Roms, alors qu'un bras de fer est engagé entre Paris et Bruxelles sur le sujet.

«La Commission doit prendre ses responsabilités» mais il faut aussi que les citoyens européens qui jouissent de la liberté de circulation «aient du respect pour (le droit de) propriété, pour les règles qui régissent la libre circulation», a ajouté le Premier ministre belge, Yves Leterme à l'adresse de la communauté des gens du voyage.

Plusieurs responsables français s'en sont pris, ces derniers jours, à la Commission après ses menaces proférées à l'encontre de Paris de poursuite en justice pour infraction à propos des conditions des renvois.

Côté Commission, les menaces de sanctions demeurent, mais Viviane Reding a cherché, mercredi, à apaiser les tensions avec Paris. Exprimant ses «regrets» après avoir dressé un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale.

La commissaire européenne à la Justice et aux Droits fondamentaux des citoyens, a donc fait un prudent mea culpa à la suite de ses propos, la veille, dressant un parallèle, jugé scandaleux par Paris, avec la déportation des Tziganes par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

«Je regrette les interprétations qui détournent l'attention du problème qu'il faut maintenant résoudre. Je n'ai en aucun cas voulu établir un parallèle entre la Deuxième Guerre mondiale et les actions du gouvernement français d'aujourd'hui», a assuré la Luxembourgeoise dans une déclaration à l'AFP… Tout en restant ferme sur le fond : elle dit avoir voulu défendre au nom de la Commission «les principes et les valeurs sur lesquelles notre Union européenne est fondée».

«La France respecte les règles européennes»

L’Elysée a, de son côté, «pris acte» des «excuses» de la commissaire européenne pour «ses propos outranciers à l'endroit de la France».

«Nous allons démontrer dans les toutes prochaines heures que la France respecte parfaitement les règles européennes et nationales concernant le démantèlement des camps illégaux», a aussi assuré François Fillon, sans donner de détails.

Si la sortie de Reding contre la France a bénéficié, sur le fond, du soutien de tout l'exécutif bruxellois, son allusion a suscité un embarras évident en son sein. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, s'est senti obligé mercredi d'intervenir pour faire une mise au point, parlant d’un «malentendu».

Auparavant, la France n’avait rien fait pour calmer le jeu avec la Commission européenne. Loin de là. Lors d'un déjeuner avec les sénateurs UMP mercredi, Nicolas Sarkozy a suggéré à Viviane Reding d'accueillir des Roms au Luxembourg, son pays d'origine. «Il a dit qu'il ne faisait qu'appliquer les règlements européens, les lois françaises et qu'il n'y avait absolument rien à reprocher à la France en la matière mais que si les Luxembourgeois voulaient les prendre il n'y avait aucun problème», a ainsi rapporté l’un des sénateurs.

Sarkozy aura l’occasion de s'expliquer ce jeudi à Bruxelles lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement… Initialement à tonalité économique, mais au programme duquel la question des Roms a été rajoutée.


Source :
Liberation.fr

Informations complémentaires :

Le Figaro.fr : Sarkozy enjoint Reding d'accueillir des Roms
Le Figaro.fr :
Viviane Reding, la dame en rouge qui défie la France
Le Parisien :
Expulsions de Roms : Sarkozy va s'expliquer au sommet européen