5.0 of 5 (2 Votes)
Temps de lecture : 6 min

Les Tunisiens doivent être bien désespérés avec ces non-lieux, et en constatant tous les jours que nombre de policiers de l'ancien régime sont toujours en place, et avec du recul ne voyez-vous pas un point commun (de plus en plus évident) à tout ces « printemps arabes » ? ; )

Ben_Ali.jpg

Un tribunal militaire tunisien a condamné mercredi l'ex-président Ben Ali à la perpétuité pour son rôle dans la sanglante répression à Thala et Kasserine en janvier 2011

Mais a accordé des non-lieux à d'anciens piliers du ministère de l'Intérieur, provoquant la colère des familles des victimes. Le verdict de cette affaire extrêmement sensible, jugée depuis six mois devant le tribunal militaire du Kef (ouest), était attendu depuis des semaines et intervient dans un contexte extrêmement tendu en Tunisie, où huit régions sont sous couvre-feu après une flambée de violences lundi et mardi. La peine capitale a été requise le 23 mai contre le président déchu, réfugié en Arabie saoudite et poursuivi avec 22 anciens responsables de son régime pour la mort de 22 personnes, tuées entre le 8 et le 12 janvier 2011 au plus fort de la répression du soulèvement populaire qui a fait tomber Ben Ali.

Des peines de prison allant de 8 à 15 ans de prison ont été prononcées contre d'autres accusés, poursuivis pour homicides volontaires ou complicité. Mais le tribunal a aussi prononcé dix non-lieux, au désespoir des familles de victimes présentes à l'audience. "Vengeance ! Vengeance !" ont crié les familles, contraignant le président du tribunal à interrompre le prononcé de son jugement, a raconté à l'AFP Me Abdelkarim Maghouri, un avocat présent à l'audience. "Le juge aurait dû prononcer la peine de mort pour tous les accusés", a réagi pour sa part Wasfi Seihi, le cousin de Wajdi, un jeune tué à Thala.

Redoutable machine policière

"Je crains que ce jugement ne crée des troubles", a déclaré à l'AFP Me Anouar el-Bassi, l'un des avocats des familles, soulignant que "deux anciens piliers des forces de l'ordre", particulièrement honnis par les familles des victimes, avaient bénéficié de non-lieux. Il s'agit de Moncef Krifa, ex-directeur général du ministère de l'Intérieur, principal outil de répression du régime Ben Ali, et de Moncef Laajimi, ex-patron des BOP (brigades anti-émeute). Ces prévenus ont comparu libres pendant le procès, au grand dam des familles qui les ont accusés d'être directement à l'origine des tirs meurtriers. En outre, Moncef Laajimi est resté à son poste un an après la révolution. Lorsque le ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, a tenté de l'évincer en janvier dernier, il a dû affronter la colère des policiers et Laajimi a simplement été muté.

"Quel magistrat pouvait se mesurer à un homme qui a 3 000 ou 4 000 policiers derrière lui ?" s'est interrogé Me El-Bassi, reprenant la critique récurrente selon laquelle la justice militaire n'avait pas les coudées franches face aux pressions de la redoutable machine policière encore en place malgré la révolution. Comme en réponse à ces critiques, le juge du tribunal du Kef, Chokri Mejri - un civil -, a assuré avant de prononcer son verdict : "Nous avons essayé de prononcer un jugement juste et nous n'avons reçu aucune pression d'aucune institution. Dieu et notre intime conviction ont été nos seuls guides."

"Cellule sécuritaire de suivi"

Les familles et leurs avocats n'ont pas été convaincus et estiment avoir été privés de la vérité historique. "Nous ne voulons pas de pitié. J'ai consacré tout mon temps depuis un an et demi à la recherche de la vérité et aujourd'hui il y a toujours des questions qui me brûlent et qui sont sans réponse", confiait récemment à l'AFP Helmi Chniti, le frère de Ghassen, tué le 8 janvier à Thala. Tout au long du procès, aucun des prévenus n'a reconnu avoir donné l'ordre de tirer sur les manifestants. Chacun a renvoyé la responsabilité à une "cellule sécuritaire de suivi" ou à "la salle d'opération" du ministère de l'Intérieur, sans jamais mentionner de noms.

Dans une autre affaire jugée mercredi à l'aube, le tribunal militaire de Tunis a condamné Ben Ali par contumace à 20 ans de prison pour "incitation au désordre, meurtres et pillages sur le territoire tunisien". Ce dossier concernait la mort de quatre jeunes tués par balle à Ouardanine (est) à la mi-janvier, lors du chaos qui a suivi la fuite du président tunisien en Arabie saoudite.

Source : Le Point

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

Informations complémentaires :

 

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s