Tunisie : The Day After...

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Avec maintenant 2 jours de recul, petit coup d’œil chez nos frères tunisiens. D'après ce qu'on peut en lire, à la veille d'un nouveau gouvernement, rendu possible grâce à la fuite du dictateur Ben Ali à Jeddah en Arabie Saoudite (et non pas au Qatar comme initialement pressenti), et du reste de sa clique pour diverses parties du globe… Les « tigres noirs » de la garde personnelle de Ben Ali et tout ses sbires surarmés écument le pays en 4x4 pour donner des arguments de cohésion percutant à la population, en fomentant (si les militaires baissent la garde), un possible ‘coup d’état’. Le reste de la population agit avec intelligence et forme des patrouilles contre certains citoyens et surtout policiers corrompus qui pillent les richesses abandonnées du pays. Les militaires depuis bien longtemps ont choisi leur camp, et tentent d’assurer une pseudo normalité en neutralisant la belle-famille Trabelsi (comme quoi ces militaires sont polymorphes et s’adaptent…), on saluera quand même leur intégrité envers le peuple. Je vous laisse découvrir la situation dans les hyperliens du début et avec l’article en résumé ci-dessous. Personnellement j’aurais, avec Chalouette, une pensée ce soir pour les 90 et quelque Tunisiens décédés au cours des événements, qui auront redonné du sens au mot courage et illuminé le monde, et plus précisément les pays arabes tels que : le Maroc, l'Algérie, l'Égypte, la Jordanie, sans oublier l'excellente Libye qui continue de soutenir Ben Ali par l'intermédiaire du protecteur Kadhafi... Il faudra une attention plus particulière pour Lucas Mebrouk Dolega, notre compatriote qui couvrait cette révolution « de jasmin » en tant que photographe français de l'agence EPA, et qui a été blessé au cœur de l’âge par la bêtise et la méchanceté gratuite d’un policier, vendredi à Tunis, à cause d’un tir tendu de grenade lacrymogène à 5 mètres. Il se bat contre la mort au fond de son lit d'hopital à Tunis car gravement blessé à l'oeil et la tempe gauche.

(De Tunis) Sans doute ont-ils jugé qu'il serait moins encombrant à l'étranger qu'en Tunisie. Une chose est sûre en tous cas : les militaires tunisiens n'ont pas cherché à s'opposer à la fuite du président Zine el-Abidine Ben Ali. Son avion, identifié sous le nom d'« Oscar Oscar », a quitté le tarmac de l'aéroport de Tunis Carthage à 17h30.

Trente minutes après que l'armée a décrété la fermeture de l'espace aérien national. Lui et ses proches sont tous sains et saufs et sont parvenus à fuir le pays. Sa femme, Leïla, née Trabelsi, qui était installée depuis plusieurs jours à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, devrait bientôt le rejoindre dans son exil saoudien, à Jeddah.

Sa fille Cyrine (propriétaire du fournisseur d'accès internet Planet Tunisie et de la station radio Shems FM) a pu gagner Paris, à bord du Falcon de son mari, l'homme d'affaires Marwane Mabrouk, qui se trouvait déjà sur place. Le couple et leurs enfants ont posé leurs bagages dans un palace de la capitale française.

Accueillie sous les huées à Montréal

Nesrine, une autre de ses filles, a été « exfiltrée » à Montréal (où le couple possède une somptueuse résidence) par son mari, Mohamed Sakhr El Materi, le richissime « gendre préféré » de l'ex-président. Elle a été accueillie sous les huées par une foule nombreuse de Tunisiens prévenus de son arrivée et venus l'attendre à l'aéroport Pierre-Elliot Trudeau, dans la nuit du 11 au 12 janvier.

Ultime bravade, El Materi, également député, est ensuite retourné à Tunis participer à la « session extraordinaire » de la Chambre convoquée dans la soirée du 13 janvier, soit une vingtaine d'heures avant la chute du régime. Il a malgré tout réussi à quitter Tunis pour Montréal, le 14 janvier un peu avant 14 heures, à bord de son jet privé – un Falcon blanc, piloté par un pilote américain.

L'homme le plus détesté du pays

Belhassen Trabelsi, « parrain » du clan éponyme et frère aîné de l'ex-première dame, a eu moins de chance. L'homme le plus détesté du pays avait pourtant minutieusement organisé sa fuite, et souhaitait se rendre à Lyon, en compagnie de six membres de sa famille.

Mais le commandant de bord, Mohamed Ben Kilani, a refusé d'obtempérer à son ordre de décollage, et est descendu de l'appareil, qui s'est du coup retrouvé cloué au sol. Cueilli à l'aéroport par les militaires, « BT » a été placé aux arrêts dans la caserne d'El Aouina, où il se trouve toujours.

Toutes ses résidences de Tunis ont été saccagées, pillées et incendiées. Son neveu, le sulfureux Imed, qui a fait l'objet d'un mandat d'arrêt international délivré par la justice française, pour vol de bateaux de luxe dans le port de Saint-Tropez, en 2006, n'est plus de ce monde.

Il a succombé le 15 janvier à l'hôpital militaire de Tunis, où il avait été admis la veille pour des blessures à l'arme blanche. Les circonstances exactes de son agression ne sont pas totalement établies, mais celui qu'une rumeur insistante présentait comme le fils naturel de Leïla Ben Ali aurait pu être victime de la colère d'un pêcheur de la Goulette, ville dont il avait été « élu » maire l'an passé.

Une prise de choix pour les mililtaires

L'incertitude demeure au sujet de Slim Chiboub, autre gendre de Ben Ali, affairiste notoire et ancien président emblématique du club de football de l'Espérance sportive de Tunis. La chaîne qatarie Al Jazeera a d'abord annoncé son interception dans la ville frontalière de Ben Guerdane, située à quelques kilomètres de la Libye, mais l'intéressé aurait démenti de vive voix auprès de la chaîne maghrébine Nessma TV et aurait affirmé séjourner « pour affaires » à Tripoli.

En revanche, l'ancien patron des renseignements et de la garde présidentielle, le général Ali Seriati a bien été capturé par l'armée non loin de Ben Guerdane. C'est une prise de choix pour les militaires : ce « faucon » serait le chef des milices contre-insurrectionnelles qui terrorisent la population de la capitale tunisienne…

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