Le Japon classe au niveau 5 l'accident de Fukushima

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L'Agence de sûreté nucléaire japonaise a relevé ce vendredi de 4 à 5 le niveau de l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima-Daiichi, sur l'échelle des événements nucléaires et radiologiques (INES), qui va jusqu'à 7. L'agence de sûreté nucléaire française avait déjà, en début de semaine, classé au niveau 6 l'accident de Fukushima. 

Vendredi plusieurs camions citernes équipés de canon à eau ont recommencé à déverser des dizaines de tonnes d'eau sur les réacteurs 3 et 4, afin d'empêcher les barres de combustible d'entrer en fusion et éviter ainsi un accident nucléaire majeur. "À cause de la vapeur émise, nous pouvons dire avec certitude que de l'eau a atteint la piscine" du réacteur 3, a expliqué Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). 

"Le pire a été évité", estiment les experts internationaux. "Il n'y a pas eu d'aggravation significative depuis hier", explique Graham Andrew, conseiller spécial du directeur général l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Mais la situation reste grave à Fukushima : "Les rejets radioactifs sont encore élevés", résume le directeur général adjoint de l'Autorité de sûreté nucléaire française, Olivier Gupta.  

Le commandant des forces américaines du Pacifique, s'est également déclaré "prudemment optimiste" sur l'évolution de la situation.  

Update 26.02.2016 : Fukushima : 5 ans après, Tepco avoue avoir menti sur la gravité de l'état des réacteurs...

TOKYO (AP) — Le gouvernement japonais a reconnu vendredi avoir été dépassé par l'ampleur du séisme et du tsunami, et a relevé de 4 à 5 le niveau de l'accident à la centrale nucléaire de Fukushima.

679516_sans-titre.jpgOù les opérations visant à refroidir des réacteurs se poursuivaient. Le Premier ministre Naoto Kan a évoqué une crise nucléaire "très grave" et appelé ses concitoyens à s'unir pour "reconstruire" le pays.

Une semaine après le séisme de magnitude 9 et le tsunami qui ont dévasté le 11 mars le nord-est du Japon, les survivants du raz-de-marée ont observé vendredi une minute de silence. Un nouveau bilan annoncé par la police fait état de 6.911 morts et 10.754 disparus dans la double catastrophe.

L'agence de sûreté nucléaire japonaise a relevé de 4 à 5 le niveau de l'accident de Fukushima sur l'échelle internationale INES des risques nucléaires, graduée de un à sept. Les experts estimaient depuis des jours que Tokyo sous-estimait la gravité de la situation. L'Echelle internationale des événements nucléaires (INES) définit un incident de niveau 4 comme ayant des conséquences locales, alors qu'au niveau 5, les répercussions sont plus larges.

Hidehiko Nishiyama, de l'agence japonaise de sûreté nucléaire, précise que le niveau de l'accident a été relevé car au moins 3% du combustible dans trois réacteurs ont été gravement endommagés, suggérant une fonte partielle du coeur de ces réacteurs et le rejet de radioactivité dans l'environnement.

"L'ampleur sans précédent du séisme et du tsunami qui ont frappé le Japon (...) font partie des nombreuses choses qui se sont passées qui n'avaient pas été anticipées par nos plans d'urgence de gestion des catastrophe", a reconnu le porte-parole du gouvernement Yukio Edano. "Nous aurions pu aller un peu plus vite pour évaluer la situation et coordonner toutes ces informations."

Le Premier ministre Naoto Kan a jugé la crise à Fukushima "très grave", mais a affirmé que les Japonais "reconstruiront" leur pays. "Nous devons tous partager cette détermination", a-t-il déclaré dans un discours télévisé.

Naoto Kan a exhorté ses concitoyens à ne pas se décourager et à travailler dur, comme ils l'ont déjà fait pour reconstruire le Japon dans le passé. Il a ajouté que le séisme, le tsunami et la crise nucléaire constituaient une "grande épreuve pour le peuple japonais".

A la centrale de Fukushima, des camions-citernes militaires ont pour la deuxième journée consécutive aspergé les réacteurs avec des tonnes d'eau pour tenter de les refroidir. Une partie de l'eau projetée aurait atteint la cible, selon le chef d'état-major de l'armée de l'air Shigeru Iwasaki.

Depuis le séisme et le tsunami, quatre des six réacteurs du site ont été le théâtre d'incendies, d'explosions ou de fontes partielles. Le niveau de l'eau dans une piscine de rétention du combustible usé du réacteur n° 3 suscite une grande inquiétude. Il serait dangereusement bas, ce qui pourrait aggraver la surchauffe du combustible. Le réacteur n° 3 est "la première de nos priorités", a déclaré M. Edano.

L'opérateur de la centrale tentait également de la raccorder au réseau électrique dans l'espoir de remettre en route les systèmes de refroidissement. Des employés achevaient la pose de câbles autour des réacteurs n° 1 et 2 vendredi et espéraient atteindre d'autres réacteurs samedi, selon un responsable de la société Tepco.

Reste que même si le courant est de retour, on ignore si les systèmes de refroidissement sont encore opérationnels. Et les experts devront veiller à éviter toute explosion lors du rétablissement de l'électricité.

Les Japonais ont engagé "une course contre la montre", a jugé vendredi Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), évoquant un accident nucléaire "extrêmement grave".

Après avoir rencontré M. Kan et d'autres hauts responsables japonais, M. Amano s'est plaint que l'AIEA n'ait pas reçu des informations importantes. Il a déclaré que son agence voulait connaître le type d'élément radioactif libéré, mais ne pouvait obtenir ces données. "Ce genre d'information est nécessaire (...) et nous espérons que le gouvernement japonais le communiquera", a-t-il déclaré à Tokyo devant la presse.

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Selon la police, le séisme et le tsunami ont fait 452.000 sans-abri. Par ailleurs, quelque 343.000 foyers au Japon sont toujours privés d'électricité et un million n'ont pas d'eau courante. AP

Source : Le Nouvel Obs

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