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Si l'État était moins arrogant et corrompu, peut-être que les policiers se feraient moins taper dessus aussi... Pour le reste.... il n'y as aucun mystère à cette situation, c'est la même cause que pour toutes les autres hérésies que nous vivons.... Comme quoi vous voyez, tout est lié... Et je suis désolé de vous informer que la passivité à un prix.... Pensez-y la prochaine fois que vous paierez vos impôts, enfin si vous en payez.... (Plus de détails, dans les Informations complémentaires en bas d'article).

Amicalement,

L'Amourfou

Update 13.11.2017 :

Update 09.08.2018 : Coups de couteau, viols et rixes mortelles, en France, c’est l’été meurtrier...

Guillaume Lebeau 04 11 2017
Guillaume Lebeau, policier à la brigade anticriminalité de Gennevilliers, s'était fait connaître en octobre 2016 en
devenant l'un des leaders de l'association Mobilisation des policiers en colère (MPC). - Crédits photo : Stephan
Gladieu pour Le Figaro Magazine

EXCLUSIF - À visage découvert, un policier de la BAC de Gennevilliers, en banlieue parisienne, exprime dans un livre, au nom de ses collègues, la lassitude d'une profession sous le feu permanent des projecteurs. Extraits.

Il y a un an, à Viry-Châtillon, quatre policiers étaient pris à partie par une quinzaine d'individus à coups de pierre et de cocktails Molotov. Ils manquèrent de mourir brûlés vifs. Face à la mollesse de la réaction des autorités politiques (Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, parla de «sauvageons» pour qualifier les criminels), un mouvement de révolte se développa au sein de la police pour réclamer plus de considération, plus de respect et plus de moyens pour se défendre. Parmi les leaders de ces «flics de base» regroupés dans une structure baptisée MPC (Mobilisation des policiers en colère), Guillaume Lebeau, 31 ans, membre de la BAC de Gennevilliers. Malgré les pressions, les menaces et les convocations de sa hiérarchie et de l'IGPN, ce «lanceur d'alerte» d'un nouveau genre a tenu à bout de bras pendant plusieurs semaines ce mouvement inédit qui bénéficia d'un incroyable soutien de l'opinion publique.

Un an après, constate-t-il pourtant, rien n'a changé ou presque. Les commissariats n'ont jamais été aussi vétustes, les moyens techniques et administratifs de poursuivre les délinquants aussi chiches, la réputation des policiers aussi souvent traînée injustement dans la boue. Il a donc décidé de parler à nouveau. Dans un livre. «Colère de flic», dont nous publions des extraits exclusifs, est un témoignage édifiant sur les conditions de travail de ceux qui sont chargés de notre protection et de notre sécurité. Un brûlot acide mais non amer, qui n'a d'autre objet que d'éclairer et de réveiller les consciences. À commencer par celles de nos gouvernants.

Le fléau des mineurs délinquants

L'incendie du bus 235, les émeutes urbaines, les incivilités du quotidien : ce sont très souvent des mineurs qui sont les auteurs de ces faits. C'est mon constat de flic de terrain, même s'il n'est pas politiquement correct. Le vrai problème dans les cités, dans celle du Luth comme dans les autres, ce sont les mineurs. À Gennevilliers, 70% de la population délinquante, mon lot quotidien, est constituée de jeunes de moins de 18 ans. Ils occasionnent des tapages, font du motocross dans la cité, volent des scooters, ou incendient des voitures. Un 14 juillet, une école est même partie en fumée, étrange manière de célébrer la fête nationale. Ce sont des actes gratuits. Ils veulent simplement dégrader, casser, «faire chier», pour dire les choses sans fard. Lorsqu'on parvient à les interpeller, ils ne reconnaissent pas les faits. Ils veulent montrer que leur cité est plus dangereuse que les autres.

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En février 2017, 2000 personnes, principalement des jeunes des cités, s'étaient rassemblées à Bobigny pour
soutenir le jeune Théo, victime de la police lors d'un contrôle d'identité. L'occasion aussi de s'en prendre,
une fois de plus, aux forces de l'ordre. - Crédits photo : © Jérémie JUNG / SIGNATURES

Dans le secteur de Gennevilliers, S. et D. sont deux jeunes aux parcours symptomatiques. La première fois que j'interpelle S., il a 12 ans. Il conduit un scooter sans casque. En nous voyant, il tente de prendre la fuite en courant. Nous le rattrapons et le conduisons au poste. Il est relâché le soir même. Quelques jours plus tard, un autre membre de sa bande, D., 12 ans également, jette sous nos yeux une canette de soda par terre. On lui explique que ce n'est pas propre, en lui demandant de la mettre dans une poubelle. Du haut de ses 12 ans, D. refuse, s'énerve et nous insulte copieusement. Il n'a pas ses papiers d'identité sur lui. Direction le commissariat, où son père vient finalement le chercher. Une semaine plus tard, nous sommes avertis qu'un groupe de jeunes brise des vitres de voitures pour voler tout ce qui se trouve à l'intérieur. Arrivés sur les lieux, nous appréhendons quatre mineurs, dont S. et D. Ainsi, très régulièrement, et même plusieurs fois par semaine, ces deux-là et leurs acolytes pratiquent ce qu'on appelle des vols à la roulotte dans le quartier. Interpellés, ils sont toujours relâchés rapidement. Tous les deux ont des parents qui vivent des minima sociaux (je ne les blâme pas, lorsque j'étais enfant, ma mère les percevait aussi, j'ai grandi comme cela, la plupart de mes amis d'enfance également). S. vit avec sa mère. Lorsque nous l'appelons, lors des premières interpellations, la mère de S. nous insulte presque, persuadée que son fils n'a rien fait. Les petits frères suivent le même chemin.

Au fil des ans, S. et D. sont devenus des petits caïds du quartier. Si un vol se produit, nous pensons immédiatement à eux. Et nous nous trompons rarement : dans leurs «caches», nous retrouvons souvent le matériel volé, des téléphones, des GPS, etc. Nous les avons appréhendés au minimum pour une vingtaine de vols. Ils n'ont jamais été réellement condamnés pour ces faits. Tout juste ont-ils eu droit à quelques rappels à la loi. Ils se sont enfoncés peu à peu dans la délinquance et sont désormais passés à la vitesse supérieure : le trafic de stupéfiants. Non sans mal, ils ont récupéré un «terrain de vente» de drogue. Cagoulés et armés, ils ont mené plusieurs expéditions punitives pour déloger les plus grands. À l'approche de la majorité, ils ont fini par faire quelques courtes peines de prison, mais dérisoires au regard de leurs méfaits.

À l'image de S. et D., ce sont bien les mineurs qui pourrissent la vie de toute la cité, mais ce sont aussi ceux contre lesquels nous avons le moins de pouvoir. L'ordonnance du 2 février 1945 part du principe que les mineurs sont innocents, qu'il faut faire de la prévention et non de la répression. Nous, policiers de terrain, sommes obligés de constater que des milliers «d'innocents» agressent les gens au quotidien et malgré tout se baladent dans la nature. Nous les arrêtons le matin, ils ressortent le soir. Souvent pour mieux recommencer le lendemain. Ils ont un sentiment d'impunité, car ils savent pertinemment qu'ils ne risquent rien ou pas grand-chose. Pour eux, c'est presque un jeu.

Les jeunes délinquants des cités détruisent également le tissu économique des quartiers, en rendant en particulier la vie des commerçants impossible. Il y a deux ans, un boulanger du Luth a été menacé. Les jeunes l'obligeaient à stocker leur shit dans sa boutique. Le boulanger a refusé, alerté la police et même déposé plainte contre les jeunes dealers qui voulaient l'obliger à devenir complice de leur trafic. Nous avons fait notre boulot : nous les avons interpellés. Mais dans la mesure où ils avaient moins de 18 ans, ils étaient protégés par l'ordonnance de 1945. Il a donc fallu les remettre en liberté le soir même. Dans les jours qui ont suivi, ils ont organisé une expédition punitive contre le boulanger indocile : la boulangerie a été saccagée, la vitrine cassée et le boulanger aspergé de gaz lacrymogène. Le commerçant nous a bien sûr rappelés pour nous reprocher de ne rien avoir fait pour le protéger. Nous n'avons pu que lui répondre que nous avions fait notre travail, en mettant les suspects à disposition de la justice, et que nous ne pouvions rien faire d'autre. Si cela se reproduisait, nous procéderions exactement de la même manière. Les commerçants dans son cas n'ont, en réalité, que deux solutions : se soumettre au trafic ou déménager. L'épicerie-boulangerie de la cité change souvent de propriétaire…

[…] Nous sommes nombreux dans la police à souhaiter que l'ordonnance de 1945 soit réétudiée afin que les mineurs puissent être jugés comme des majeurs. Née d'une intention louable, elle a aujourd'hui des effets pervers qui méritent une profonde réforme. Plus d'un demi-siècle plus tard, le contexte n'est pas le même. Les mineurs de 2017 ne sont pas ceux de 1945. Comment permettre à nos concitoyens de se sentir en sécurité dans ces conditions ?

Le poids de l'islam

Lorsque j'ai découvert Gennevilliers en 2005, l'omniprésence de la religion musulmane m'a frappé. Cela peut engendrer des difficultés. Certains hommes refusent par exemple d'être contrôlés par une femme policière. Il arrive qu'ils tentent d'interdire aux collègues féminines de parler ou refusent de leur dire un simple bonjour. Nous leur demandons systématiquement pourquoi. Ils rétorquent que leur religion le leur interdit. Schéma inverse à l'accueil du commissariat : lorsqu'une femme musulmane se présente, par exemple pour déclarer la perte de son permis de conduire, elle peut refuser de parler au policier qui est de permanence, exigeant d'avoir affaire à une femme.

Gennevilliers ne constitue pas une exception. Les affaires de ce genre sont de plus en plus fréquentes. À Caen, en mai 2017, une policière a été blessée lors d'une intervention. Les forces de l'ordre avaient été appelées après une série de rixes. Un homme de 35 ans a tenté de prendre la fuite, les collègues l'ont poursuivi. L'homme s'est alors retourné, a détaché la ceinture de son pantalon et a frappé la policière, la blessant à l'avant-bras. Amené au commissariat, il a expliqué qu'il n'avait pas supporté d'être contrôlé par une femme en période de ramadan, période pendant laquelle hommes et femmes doivent s'abstenir de relations du lever au coucher du soleil.

Dans certains quartiers, en France, en 2017, les femmes vivent un quotidien difficile. Ce n'est pas une fake news. Dans le quartier Chapelle-Pajol, entre les Xe et XVIIIe arrondissements, les femmes ne peuvent plus se déplacer seules sans essuyer insultes et remarques de la part des hommes. Depuis 2016, les habitants ont constaté l'arrivée de groupes de dizaines d'hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs. Ils occupent les rues, harcelant les femmes. Porter une jupe est devenu périlleux. Passer devant un café «réservé aux hommes» l'est également.

Ces difficultés, dont les médias se font de plus en plus l'écho, levant ainsi le tabou et ouvrant le débat, ne sont en réalité pas nouvelles : elles existent à Gennevilliers depuis que j'y travaille, dans une moindre mesure cependant. À Gennevilliers, de fait, certains bars sont uniquement fréquentés par des hommes. Les femmes n'osent pas s'y aventurer. L'ambiance y est très particulière. Si une femme entrait, elle serait vite cataloguée et essuierait des critiques acerbes.

«Si la police en avait les moyens, et surtout si le pouvoir politique en avait le courage, il faudrait renverser la donne et harceler les harceleurs»

À mon sens, c'est une grave erreur de laisser dériver ainsi certaines zones du territoire. L'unique réponse face à ces comportements devrait être la tolérance zéro. Si la police en avait les moyens, et surtout si le pouvoir politique en avait le courage, il faudrait renverser la donne et harceler les harceleurs : mener des contrôles d'identité en permanence, ne laisser passer aucune infraction, de la contravention au délit : du simple jet de détritus au tapage, en passant par les faux documents administratifs ou les petits trafics et la vente à la sauvette. Chaque infraction devrait être verbalisée et faire l'objet d'une poursuite systématique devant les tribunaux compétents. Pour ce genre d'action, il faut non seulement plus de policiers sur le terrain, mais aussi un renforcement des systèmes de vidéosurveillance. Ces dernières années, Gennevilliers s'est dotée de nombreuses caméras. Pour nous, policiers, il s'agit d'un outil extrêmement utile et efficace. La vidéo permet de repérer et de traiter plus efficacement la grande mais surtout la petite délinquance, la plus difficile à vivre au quotidien pour les habitants. Enfin, il est indispensable que les peines prononcées soient exécutées. […]

L'interdiction du voile, c'est la parfaite illustration d'un double discours. Officiellement, le voile est donc proscrit, mais dans les faits qui applique vraiment cette loi ? À chaque fois que j'ai été témoin de tentatives pour l'appliquer, cela s'est mal terminé. Contrôler une femme voilée génère automatiquement des tensions. Généralement, face à l'attroupement que cela provoque, les collègues doivent abréger le contrôle. Récemment une note administrative a été diffusée, nous enjoignant de réduire les contrôles, notamment aux abords des mosquées. La note exige du «discernement dans l'application de la loi». Jusqu'où doit aller ce «discernement» ? Devons-nous purement et simplement fermer les yeux ?

Le faux procès du contrôle au faciès

L'image du policier raciste est tenace, notamment en raison des accusations de contrôle au faciès. Disons les choses simplement : à Gennevilliers, statistiquement parlant, il y a une forte population étrangère. Alors nécessairement, nous sommes amenés à contrôler proportionnellement davantage d'étrangers. Mais on ne «s'amuse» pas à contrôler un individu en raison de la couleur de sa peau. Ce n'est pas une infraction.

À une époque, je travaillais dans une brigade qui s'occupait entre autres des interpellations d'étrangers en situation irrégulière. C'est une évidence : pour effectuer ces interpellations, nous ne contrôlons pas prioritairement les personnes ayant l'apparence d'un Européen de l'espace Schengen. Lorsque nous opérions à la gare de Gennevilliers, nous tentions quand même d'assurer une sorte d'équilibre pour ne pas donner l'impression que seuls les non-Européens étaient ciblés et que nous faisions effectivement du contrôle au faciès. Alors nous contrôlions aussi les Européens de passage, en sachant pertinemment qu'il y avait peu de chances que nous trouvions des sans-papiers parmi eux.

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Les policiers travaillent aujourd'hui dans des conditions déplorables comme le montre les clichés (ci-dessus et
ci-dessous) rassemblés par l'Union des policiers nationaux indépendants (UPNI). - Crédits photo : UPNI

Un matériel défaillant

Si l'on croit l'adage selon lequel un bon ouvrier doit avoir de bons outils, nous sommes de bien piètres policiers. Nos outils de travail sont en mauvais état, technologiquement dépassés et bien souvent tellement usagés qu'ils ne servent à rien. C'est le cas de nos casques : les visières en Plexiglas sont tellement rayées qu'on ne voit plus au travers. Comme pour le reste du matériel, il faut des mois pour en obtenir des neufs. Alors on bricole, on se débrouille… Les délinquants doivent bien rigoler quand ils se rendent compte que notre «bélier» qui sert à enfoncer les portes est en réalité un poteau de stationnement sur lequel nous avons dû, nous-mêmes, souder des poignées de fortune. Mais le système D ne marche pas toujours : on ne peut quand même pas fabriquer des voitures à pédales ! Or nos véhicules de service, des Renault Kangoo ou Peugeot Expert, sont loin de correspondre à nos besoins. Ces voitures sont totalement inadaptées aux missions des policiers. Pire, à l'heure d'internet et de la communication instantanée, nous disposons d'un système radio qui n'a pas changé en… vingt-trois ans ! Détail amusant, il s'appelle Acropol. Un nom qui évoque à lui seul l'Antiquité…

Le rôle trouble des syndicats

Au départ, c'est un ancien collègue de Gennevilliers, avec qui j'ai eu l'occasion de travailler à plusieurs reprises, qui m'a donné envie de prendre une part active dans le syndicalisme. Il était délégué chez nous, motivé (oui, il y en a !), passait régulièrement à Gennevilliers alors qu'il n'y était plus officiellement affecté et tentait vraiment d'aider les collègues. Il m'a demandé si cela m'intéresserait de devenir délégué local. J'ai accepté la mission. Comme je ne suis pas de nature à faire les choses à moitié, j'ai fait remonter tous les soucis que nous rencontrions : du jour «enfant malade» refusé sans motif, aux problèmes d'effectifs ou de matériel, en passant par les dossiers disciplinaires… Malheureusement, je n'ai que trop rarement vu des retombées positives de mon action. En parallèle, j'ai constaté que de jeunes délégués syndicaux bénéficiaient de passe-droits : renforts saisonniers, mutations facilitées, prise de grade sans avoir l'ancienneté requise…

Mon sentiment personnel est que les syndicalistes détachés à plein-temps sont déconnectés du terrain. À force de côtoyer les hautes sphères, ils font trop de compromis, offrent trop de contreparties en échange de la résolution de cas individuels qui n'ont rien à voir avec l'intérêt général des policiers.

Les syndicats ont pourtant un poids considérable dans les différentes instances. On peut même parler de cogestion avec l'administration, avec tous les effets pervers que cela peut entraîner. Se considérant comme des partenaires privilégiés de l'administration, les syndicats «épargnent» à la hiérarchie les réelles difficultés que rencontrent les hommes de terrain. En octobre 2016, j'étais convoqué chez le préfet à la suite du mouvement de grogne des policiers. Ni le préfet ni le directeur de la police n'étaient au courant des problèmes que nous rencontrions pourtant depuis belle lurette. Nous avions cependant largement fait remonter ces difficultés aux syndicats. Exemple concret : pour les dossiers de mutation, nous n'avons plus accès aux classements à l'issue des décisions, alors que c'était le cas auparavant.

 

Source(s) : Le Figaro.fr via Contributeur anonyme

 

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