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Alors que la lutte contre le chômage est au cœur des préoccupations gouvernementales, paraît-il, Alstom annonce la fermeture de son site historique, à Belfort. C’est le second scandale après la vente de la branche énergie de ce fleuron industriel à l’américain General Electric.

Quand la direction du groupe Alstom, alors dirigée par Patrick Kron, a annoncé la vente de sa branche énergie à l’américain General Electric, en mai 2014, sans consultation des syndicats (c’est un grand classique), des voix se sont élevées pour faire part de leur inquiétude quant à l’avenir de ce fleuron de l’industrie. Pas de problème leur a-t-on répondu, Alstom, cinquième groupe mondial dans son secteur, va pouvoir se concentrer sur son coeur de métier, le transport.

Et d’annoncer monts et merveilles pour Belfort, notamment de la bouche du ministre de l’économie de l’époque, un certain Arnaud Montebourg. Quelques mois plus tard, son successeur, Emmanuel Macron, promettra aux salariés de Belfort un avenir ensoleillé et rassurant.    

Bref, on passa alors l’éponge sur un Munich industriel qui permit à Patrick Kron, grand ami de Nicolas Sarkozy, invité de la folle nuit du Fouquet’s en 2007, accordés pour « la qualité de la transaction ». L’un de ses résultats vient d’être annoncé. Ce sera la fermeture du site d’Alstom avec la proposition pour les salariés concernés de faire leurs valises pour une autre usine du groupe, sans certitude.

Entre temps, pourtant, Alstom a hérité d’une commande gigantesque aux Etats-Unis, confirmant ainsi le savoir-faire du groupe français à une époque où tout le monde reprend la ritournelle décliniste. Seulement voilà :  en raison du "Buy American Act" qui est la version US du protectionnisme bien compris, le matériel roulant sera produit sur le site à Hornell, dans l'Etat de New York.

Il n’y aura donc aucune retombée en France, si ce n’est à la marge. Comme quoi les Etats-Unis se permettent une priorité industrielle nationale qui est présentée par l'élite française comme un modèle d'archaïsme. La Chine fait de même. En France, l'idée même relève du blasphème économique.

Aveuglement

La preuve. Voici peu, Alain Vidalies, Secrétaire d’État en charge des Transports, évoquait l’avenir des « Trains d’Équilibre du Territoire ». Il parlait alors d’investissements « sans précédent » avec notamment « 30 rames neuves supplémentaires acquises dans le cadre du marché existant entre SNCF et Alstom ». Une échéance était fixée : 2018. Depuis, plus rien. Silence radio. Oubliée, la parole de l’Etat. Disparues, les 30 rames, comme si le gouvernement avait déjà anticipé le Waterloo industriel d’Alstom.

Cerise sur le gâteau. Alain Vidalies a décidé de renouveler les trains Intercités par appel d’offres et non via le renouvellement des contrats-cadres établis ave Alstom. Donc rien ne dit que ce n’est pas le canadien Bombardier qui héritera de la commande ou quelque autre concurrent étranger. Le prétexte invoqué est toujours la loi de la sacro sainte concurrence « libre et non faussée » coulée dans le bronze des traités européens que François Hollande devait renégocier, ce qu’il a finalement oublié de faire (pas de bol).

En somme, ce que les Etats-Unis font pour protéger leurs producteurs, la France s’y refuse par dogmatisme idéologique, par respect des dogmes néolibéraux, et par aveuglement.

 

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Source : Marianne.net

Informations complémentaires :

Pas faute de vous avoir prévenu, personne ne lit les informations complémentaires en bas d'article, c'est pourquoi bientôt vous n'aurrez plus que vos yeux pour pleurer.... (et éventuellement plein de... monnaie de singe.....)

Amicalement,

f.

Alstom 08 09 2016
L'ombre de Patrick Kron - SIPA

 

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