Crise de l'euro : un plan qui sauve la Grèce mais pas l'Europe

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Dans ce maelstrom d’informations et d’intox quotidienne, un média tire encore son épingle du jeu, aussi je vous en fait part, mais c’est bien par ce que nous somme dans un contexte de « guerre » oui, de guerre de l’information… Je ne pourrais faire éternellement entorse à la règle c’est exceptionnel (contact si pb), aussi je vous suggère (tout comme nous) très fortement de visiter cette page, l’information est une arme, ne la négligez pas !, d’autres l’ont bien compris…,

Je vous parlais ce matin dès choix qui nous incombe et de la prise en otage des peuples par les banques, se mettant en intermédiaire de notre financement comme les parasites qu’ils sont, ces usuriers vont encore plus loin, le media qui vous explique très bien tout cela c’est bien sur mediapart, dans l’article que je vous retransmet ci dessous sur la piste de chalouette.


Symbole européen illuminati (depuis jan. 2010) par Goum2603

Après plus d'un an de tergiversations, les dirigeants européens ont fini par admettre ce qu'ils refusaient jusque-là : la Grèce est insolvable. Et ni les plans d'austérité, ni les privatisations massives, ni la déflation généralisée ne pouvaient la sortir de cet état. Par peur de voir le pays exploser et la contagion gagner l'Italie et l'Espagne, ce qui était inacceptable il y a encore quinze jours, a finalement été admis : la restructuration de la dette grecque était inévitable.

Revenant sur leurs préceptes antérieurs, les dirigeants européens ont accepté de donner du temps à la Grèce pour redresser son économie. Plus question de restaurer les comptes en trois ans à peine. Un nouveau plan d'aide de 109 milliards d'euros, financé par l'Europe et le FMI, est prévu dans des conditions radicalement différentes. La durée des nouveaux comme des anciens prêts sera allongée pour être portée de sept ans et demi à quinze ans. Le taux sera réduit entre 3,5% et 4% – correspondant à la mutualisation des taux des autres pays européens prêteurs – contre près de 6% actuellement. Le Portugal et l'Irlande, qui eux aussi sont sous assistance financière européenne, bénéficieront des mêmes conditions.

En contrepartie de ce nouvel effort européen, Angela Merkel avait posé comme exigence que les créanciers privés soient mis à contribution. Après avoir bataillé des semaines contre la Banque centrale européenne et la France, l'Allemagne a fini par faire valoir son point de vue. Au moins en apparence. Car le lobby bancaire a défendu ses intérêts jusque dans la salle du sommet européen. Pour la première fois, Baudoin Prot, PDG de BNP Paribas, Joseph Ackerman, président de la Deutsche Bank, et le représentant de l'Institut de la finance internationale, représentant environ 400 créanciers privés, ont participé aux discussions des dirigeants européens. Ils ont manifestement pesé sur les décisions.   

Alors que l'Allemagne souhaitait une restructuration claire et ordonnée de la dette grecque, sans laisser de choix aux créanciers privés sur la méthode, les banquiers eux défendaient qu'il fallait maintenir une multiplicité de solutions. Plus les possibilités seraient nombreuses, plus les créanciers seraient nombreux à accepter de participer à cette restructuration, ont-ils plaidé. Ils ont fini par l'emporter lors des discussions.

Les créanciers auront donc le choix de leur « contribution volontaire » : soit en refinançant la Grèce avec des titres de maturité plus longue, soit en se contentant de maintenir leur engagement en reprenant des titres de même maturité, soit en vendant des obligations grecques avec une décote. L'institut de la finance internationale a déjà retenu l'option qui lui semblait préférable, et on en devine aisément les raisons: elle privilégie pour les créanciers bancaires un échange des titres qui viennent à échéance jusqu'à 2020 contre le rachat de nouvelles obligations à trente ans, garanties par les titres européens les mieux notés. Ce qui revient à un transfert du risque du secteur privé vers le public. Car c'est l'Europe qui se porte garante en dernier ressort. Il n'est pas sûr que la Grèce et l'Europe gagnent à ce change.

La Grèce est un cas unique

Cet effort bancaire est entouré d'un certain flou. Jeudi soir, aucun des responsables européens ne donnait les mêmes chiffres sur le montant de la contribution des créanciers privés. Lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a évoqué des prêts de 135 milliards sur trente ans. Silvio Berlusconi parlait lui de 130 milliards sur quinze ans. L'Institut de la finance internationale indiquait de son côté que les banques créancières de la Grèce apporteraient 135 milliards entre 2011 et 2020. Sur ces 135 milliards, 54 seraient versés d'ici à 2014, selon elle. 37 milliards d'euros viendraient d'une «contribution volontaire» des banques créancières, tandis que 12 milliards d'euros consisteraient en un rachat de dette sur le marché.

« La Grèce est un cas unique », insiste le communiqué final des dirigeants européens. Ce rappel est une sorte d'engagement pris auprès des créanciers privés et des marchés: ils ne seront plus mis à contribution. Une façon de les rassurer et de tenter de maîtriser ce qui peut advenir. Car à ce stade du processus, tout le monde avance dans le brouillard. La restructuration à venir de la dette grecque risque d'être considérée comme un « défaut partiel » par les agences de notation. Cela pourrait déclencher des mouvements incontrôlés, notamment sur les marchés de CDS, credit default swap, censés assurer ce type de risque mais devenus purs objets de spéculations financières.   

Il y a encore quinze jours une telle éventualité était considérée comme impensable. Un pays de la zone euro ne pouvait pas faire défaut, sous peine d'entacher la crédibilité de l'ensemble de la zone et de la monnaie européenne. Les responsables de la BCE parlaient même d'un risque systémique, d'un «second Lehman Brothers». Aujourd'hui, le président de l'eurogroupe, Jean-Claude Juncker, concède, sans émotion apparente, que la Grèce pourrait faire momentanément défaut, sans que cela pose problème. La peur de l'explosion est manifestement passée par là.

La Banque centrale européenne a jusqu'au bout tenté d'éviter ce scénario, annonçant par avance qu'elle refuserait les titres grecs classés en défaut en garantie. Pour éviter l'asphyxie du système bancaire grec qui dépend totalement de la BCE aujourd'hui, l'Europe propose d'apporter les garanties nécessaires, le temps du défaut. Le pari étant que si la dette est réduite rapidement d'une façon substantielle, les agences devraient juger le pays solvable et lui redonner une note plus élevée.

C'est le fonds de stabilité financière qui se retrouve au cœur de ce mécanisme de financement, d'aides et de garantie. Il aura la responsabilité non seulement d'assurer le plan d'aide pour la Grèce, mais aussi d'aider à la stabilisation du système financier européen. Les dirigeants européens, ayant en tête manifestement le cas de l'Espagne, ont prévu ainsi que le fonds puisse prêter aux gouvernements afin de les aider à recapitaliser leurs banques. De même, en cas d'urgence, il pourrait directement prêter aux banques en difficulté. Enfin, il sera autorisé à acheter directement sur les marchés de la dette publique des pays, en cas de difficulté. 

Les responsables de la commission européenne, José Manuel Barroso en tête, réclamaient depuis longtemps la création d'un tel organisme de mutualisation, base indispensable, selon eux, d'une politique économique et financière européenne. Certains y voient même les prémisses d'une agence de la dette européenne, qui pourrait à terme émettre des euro-obligations, censées être pour beaucoup la réponse à la crise de la zone euro.

Gigantesque transfert vers le public

L'avenir pourrait être moins réjouissant. En autorisant, en effet, le fonds à se porter acquéreur de dettes publiques sur le marché, les dirigeants européens risquent d'avoir mis en place un gigantesque transfert des risques et des dettes du privé vers le public, aux frais des contribuables. La chancelière allemande a bien vu le danger et a tenté de le limiter: elle a imposé que tout rachat soit soumis à une analyse de la BCE et soit autorisé à l'unanimité des pays de la zone euro.

Mais les spéculateurs connaissent désormais le fonctionnement de l'Europe. Ils savent que la panique peut changer bien des choses, arracher bien des consentements. Savoir qu'il existe en face un fonds alimenté sans limite par les contribuables européens est une tentation irrésistible pour les banquiers et les financiers. Ils vont d'abord tester les résistances, puis tenter de transférer les risques les uns après les autres sur le secteur public européen. Censé être un outil de solidarité et de mutualisation européennes, le fonds pourrait se voir transformer en gigantesque bad bank, une structure de défaisance recueillant tous les actifs publics risqués ou dévalués du système bancaire européen.

Le risque est d'autant plus fort qu'en dépit des apparences, peu d'efforts et aucune contrainte n'ont été imposés au système bancaire européen dans ce nouveau plan. A aucun moment, il n'a été évoqué de nouvelles réglementations, un encadrement de leur activité, même en cas de recapitalisation par des prêts européens. Une nouvelle fois, l'Europe utilise l'argent public pour mettre en place un déchargement des risques pris par le privé, sans contrepartie.

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Source : Mediapart

Informations complémentaires :

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