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Les Grecs ont commencé à voter dimanche matin pour des élections législatives qui pourraient porter au pouvoir le parti anti-austérité Syriza.

Grec 25 01 2015
Un Grec dépose son bulletin de vote à l'occasion des élections législatives dimanche 25 janvier dans le pays.
© Angelos Tzortzinis / AFP

Les Grecs ont commencé à voter dimanche matin pour des élections législatives qui pourraient porter au pouvoir le parti anti-austérité Syriza, mus à la fois par l'idée de regagner un peu de souveraineté face aux créanciers du pays, et par le sentiment de ne plus avoir grand-chose à perdre. Les ultimes sondages annoncent une victoire de Syriza avec 2,9 à 6,7 points d'avance sur Nouvelle Démocratie (ND), le parti du Premier ministre conservateur Antónis Samarás. Son gouvernement de coalition (avec les socialistes du Pasok) a accepté depuis 2012 presque toutes les réformes ordonnées par la troïka des créanciers (UE-BCE-FMI) en échange de 240 milliards d'euros prêtés à la Grèce depuis 2010 pour assurer sa survie.

Certaines réformes commencent à porter leurs fruits, mais, au quotidien, les Grecs s'intéressent moins à l'incursion réussie sur les marchés de dette obligataire en avril dernier qu'à un chômage encore à plus de 25 %, ou à leur salaire souvent divisé par deux depuis la crise. Antónis Samarás a ses partisans quand il appelle les Grecs à ne pas jeter l'éponge à quelques semaines de la fin des programmes d'aide. Mais davantage encore semblent préférer entendre Aléxis Tsípras lancer qu'en cas de majorité absolue pour Syriza dimanche, "il n'y aura plus de troïka" lundi.

"Une grande insécurité"

Les électeurs du bureau de vote de Néa Smyrni, au sud d'Athènes, arrivés dès l'ouverture à 7 heures, traduisaient la difficulté du choix. Anna, ex-professeur en retraite de 65 ans, disait ainsi ressentir "une grande insécurité", être "effrayée par Syriza" et s'apprêtait à voter pour ND, mais "sans trop savoir ce qui est le mieux". Même incertitude pour Elli, une étudiante de 20 ans, qui a voté au contraire Syriza dans l'espoir "d'une meilleure situation pour l'Europe". Mais elle est restée indécise jusqu'au bout, car elle "craignait qu'une victoire de Syriza n'entraîne le pays au défaut de paiement".

L'élection grecque donne en tout cas de l'espoir aux autres partis de gauche radicale européens, comme Podemos en Espagne, ou le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon en France. Les partenaires de la Grèce dans l'UE, après avoir montré de l'inquiétude, ont pris le parti de rester calmes en attendant le résultat. Les bureaux de vote fermeront leurs portes à 17 heures GMT et les premières estimations sont attendues à la même heure.

"La population grecque va choisir de manière libre et indépendante la voie à suivre. Je suis sûre que nous trouverons tranquillement des solutions", a déclaré vendredi la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays a régulièrement exaspéré les Grecs par ses rappels à l'ordre.

Majorité absolue ?

Syriza espère la majorité absolue, grâce au bonus de 50 sièges (sur 300) attribué d'office au vainqueur. Pour cela néanmoins, il lui faudrait à la fois 36 % des suffrages - échelle haute des estimations - et que 12 % des électeurs votent pour des partis qui n'entreront pas au Parlement, car ils auront récolté moins de 3 % chacun. Mission difficile. Il est plus probable que Syriza ait à s'allier avec des partis comme La Rivière, nouveau venu de centre gauche crédité de 5 à 6 % des sondages et qui est parvenu à faire entrer deux députés (sur 21 élus grecs) au Parlement européen en mai pour sa première apparition. Autre partenaire possible, s'il atteint les 3 %, le mouvement souverainiste des Grecs indépendants.

Le score du parti d'inspiration néonazie Aube dorée constitue aussi un enjeu du scrutin. Malgré le procès qui attend des dizaines de ses membres, pour "appartenance à une organisation criminelle", et l'incarcération de 7 de ses 16 députés, dont les chefs du parti, Aube dorée pourrait rester dimanche la troisième formation politique du pays. À cette place, il faudrait, prévoit la Constitution, le consulter si aucun des deux partis arrivés en tête ne parvenait à former un gouvernement. Une situation qui serait embarrassante, autant que vaine, puisqu'il n'y a aucune chance qu'Aube dorée trouve des partenaires pour gouverner.

En cas d'échec des trois partis arrivés en tête à former un gouvernement, les Grecs devront retourner aux urnes en mars.

 

Source : Lepoint.fr

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