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Selon une enquête que nous dévoilons, les 18-24 ans crient leur mal-être, plombés par une crise sanitaire sans fin et la menace d’un troisième confinement. 40% rapportent un trouble anxieux généralisé, c’est 9 points de plus que la population globale.

NDLR. Alors qu'en tant que société civilisée nous sommes censés protéger les jeunes adultes afin qu'ils s'affirment et deviennent indépendants, le gouvernent les a délibérément sacrifiés....

Jeunes covid
2 jeunes sur 3 estiment que la pandémie va avoir des conséquences négatives sur leur santé mentale.
PHOTOPQR/L’Alsace/ Darek Szuster

Par Elsa Mari

Au bout du fil, il est frappé par leur désespoir. Alors Florian Tirana, étudiant comme eux, les écoute longuement, leur laissant le temps et la place de verbaliser leur souffrance. « Avoir les bons mots, c'est ne pas en avoir trop », assure le jeune président de l'association Nightline, un service de soutien psychologique qui reçoit toujours plus d'appels, jusqu'à 200 par semaine. Et les messages de remerciement affluent. « Ça m'a fait vraiment du bien de vider mon sac. » « C'est exactement ce que je cherchais, une oreille pour me confier, une épaule sur laquelle pleurer. »

Cours à distance, petits boulots stoppés, vie sociale tronquée… Plombés par une crise sanitaire sans fin, les jeunes crient leur mal-être grandissant à l'heure où la menace d'un 3e reconfinement plane. Les chiffres, que nous publions, sont sans appel. Selon un sondage Ipsos pour la Fondation FondaMental, dédiée aux pathologies mentales, 40% des 18-24 ans rapportent un trouble anxieux généralisé, c'est + 9 points comparé à l'ensemble des Français. Trois jeunes sur 10 ont déjà eu des pensées suicidaires ou ont songé à se mutiler. Et 2 sur 3 estiment que la crise actuelle du Covid va avoir des conséquences négatives sur leur propre santé mentale.

«On s'est occupé de nos aînés mais pas de nos jeunes»

« Ces données sont très préoccupantes », commente Étienne Mercier, directeur du pôle opinion et santé chez Ipsos. Cette détresse psychologique est un peu plus caractéristique chez les femmes, les plus précaires et la tranche des 22-24 ans, angoissés par le chômage. « On s'est beaucoup occupé de nos aînés mais pas de nos jeunes », déplore Marion Leboyer, psychiatre à l'hôpital Henri-Mondor et directrice de la fondation FondaMental, guère étonnée par les résultats du sondage. La même dépression touche aussi la jeunesse américaine, chinoise et européenne.

« Alors que durant le premier confinement, on applaudissait les médecins aux fenêtres, se disant qu'on allait s'en sortir, là, un climat d'incertitude s'installe et personne ne voit la fin de cette crise. Beaucoup ont l'impression de passer à côté d'une période décisive de leur vie ». Le pédopsychiatre, Pierre Canoui, abonde. « Aujourd'hui, les jeunes sont confrontés à un rythme qui repose essentiellement sur des interdits et des obligations. En réduisant leur champ de liberté, à l'âge on a besoin de s'expérimenter et de prendre des risques, cela induit forcément des troubles psychologiques. »

«La dépression, les troubles anxieux, ça se soigne»

Parfois Arnaud, 21 ans, le reconnaît, il a du mal à se lever. A quoi bon passer toutes ses journées, à écouter un prof derrière son écran dans une chambre de 10 m². Sommeil perturbé, démotivation, fatigue, idées noires… Ce sont justement ces signes qui doivent inciter à demander de l'aide. Les chèques « psy », annoncé par Emmanuel Macron, visent à encourager cette démarche. « Même si trois consultations gratuites, ça ne suffira pas ! prévient Christophe Ferveur, psychologue de la Fondation santé des étudiants de France, qui croule sous les coups de fil alarmants surtout depuis début décembre. « La dépression, les troubles anxieux, ça se soigne, exhorte Marion Leboyer, s'adressant aux jeunes. N'ayez pas honte, ne vous sentez pas coupable ! C'est une maladie comme une autre ».

 

Source : Le Parisien.fr

 

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