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PESTICIDES : ... Consultation bidon puisque c'est l'UE qui décide...
 
Contributeur anonyme
 
Ndlr. Les fabricants de pesticides eux-même indiquent sur la notice, qu'il ne faut pas les utiliser à moins de 20 mètres des habitations.
 
Pesticides 10 09 2019
Les ONG se déchaînent contre la consultation publique annoncée lundi par le gouvernement sur les limites de
l'épandage de pesticides dans le voisinage des habitations. Elles pointent la vétusté de la méthodologie qui a servi à
les fixer. Les agriculteurs, de leur côté, ne sont pas favorables à la création de zones « zéro pesticide ».

Par Joël Cossardeaux, Marie-Josée Cougard

Cela commence mal. La consultation publique ouverte lundi par le gouvernement pour déterminer la distance idoine entre les habitations et les zones d'épandage de pesticides s'est immédiatement attirée les foudres des ONG environnementales. L'association Agir pour l'Environnement, soutien de la première heure aux maires signataires d'arrêtés anti-pesticides, ne lui trouve aucun intérêt. « Une concertation a vocation à éclairer la décision et non à la justifier a posteriori », défend-elle.

Le gouvernement a prévu trois semaines d'échanges en ligne avec toutes les personnes intéressées par le « nouveau dispositif d'encadrement » de l'emploi de produits sanitaires dans le voisinage des lieux de vie. Annoncé samedi par les ministres de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Santé, il définit des zones « zéro pesticide » à géométrie variable : pas d'épandage de «substances les plus dangereuses» et de produits phyto sur les cultures hautes (vignes, arbres fruitiers, etc.) à moins de 10 mètres d'une habitation et rien sur les cultures basses (céréales) à moins de 3 mètres.

Ces distances minimales pourront être assouplies localement s'il est fait usage de matériels permettant d'épandre au plus près des plantes. Des chartes fixeront les seuils de tolérance, département par département, après concertation avec les agriculteurs, les associations et les élus. Toute cette démarche a été couchée dans un projet de décret dont le contenu fait l'objet de la consultation publique qui vient de s'ouvrir. L'objectif est d'être opérationnel au 1er janvier 2020.

Une méthodologie datée
Ce n'est pas gagné. Outre le fait de s'en prendre à la consultation, les ONG contestent la base méthodologique qui guide cette mise à l'écart des pesticides. Selon Générations futures, le rapport de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), sur laquelle le projet de réglementation a été calé, se réfère à un mode d'évaluation de l'exposition à ces substances empreint « de fortes faiblesses ». Il se fonde sur des « données vieilles de plus de 30 ans ». Ainsi, les distances testées sont-elles « uniquement des distances de 2-3, 5 et 10 mètres » lors de l'emploi d'un pulvérisateur à rampe, utilisé dans les grandes cultures.

Le projet de réglementation ne réjouit pas davantage les agriculteurs, défavorables à la création de zones d'interdiction des pesticides. « Il existe d'autres moyens, affirme Christian Durlin, vice-président de la commission environnement de la FNSEA. Il y a de nouvelles techniques, des haies, des murs, des filets brise-vent pour éviter les dérives dans l'atmosphère. »

Le syndicat agricole incite les exploitants à participer massivement à la consultation en ligne pour « faire comprendre leur métier. Dès qu'on ouvre la radio, c'est pour entendre des attaques de tous les côtés. Nous avons besoin d'un climat de confiance », estime Christian Durlin.

Loin de vouloir alimenter une polémique avec le reste de la société, il insiste sur le fait que « les consommateurs sont les clients des agriculteurs ». Et sur la nécessité de « revenir sur des communications qui sèment le trouble. Il est faux de dire qu'on utilise de plus en plus de pesticides. Enormément de produits ont été supprimés. Les conditions d'usage ont été durcies. Un arrêté a été pris pour les pratiques à proximité des écoles ».

En outre, poursuit-il « les agriculteurs sont les premiers utilisateurs ». Ils ont « eux aussi des familles ». En aucun cas, il n'est dans leur intérêt de s'aveugler sur les risques ou sur la nécessité de prendre des précautions. Néanmoins, poursuit-il, « la question ne peut pas être abordée partout en France de la même façon. Il faut tenir compte de l'urbanisme, de la topographie, des cultures ».

 

Joël Cossardeaux et Marie-Josée Cougard

 

Source(s) : Les Echos via Contributeur anonyme

 

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