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Consternant, là aussi les Allemands nous damnent ENCORE le pion (et accessoirement nous piquent nos brevets....), donc on ne peut plus vendre de turbine Alstom sans l'accord des Américains ni certains armements sans l'accord des Allemands.

On se fait dépouiller dans ce monde de requins et de juristes, et l'attitude 'naïve' de nos dirigeants depuis 30 ans cache difficilement une certaine complicité dans ce braquage mondial.

Le prochain de nos fleurons national à tomber sous les coups de l'Europe c'est EDF....

Alors combien de temps les Français(es) vont-ils encore supporter de se faire dépouiller sans rien dire ?

Remarquez ça fait 30 ans que ça dure (et depuis 30 ans le monde entier ferme les yeux sur le statut de monnaie de réserve mondiale du dollar alors qu'il n'est plus adossé sur de l'or depuis 1971...) alors j'ai peu d'espoir...

« Le dollar est notre monnaie, mais c'est votre problème... ». (John Bowden Connally)

Il faudrait quand même que les Français(es) sortent de leur naïveté, (sinon on va finir en slip), je veux dire, tout est documenté...

Mais comme je vous le dit j'ai peut d'espoir tant que les Français(es) ne seront pas débarqué un à un du manège hypnotique de la mondialisation, (en perdant leur travail par exemple).

Ils ne se poseront pas de questions..., et étant donné que tout est fait pour les maintenir dans l'ignorance de ce marché de dupes, je ne peux décemment pas leur jeter la pierre, c'est aussi ça la force du système...

Amitiés,

f.

Dassault
Eric Trappier, de Dassault Aviation, au pied du futur SCAF.
© Eric Piermont / AFP

Par et

Principaux partenaires de la France en matière d’armement, les héritiers de Bismarck sont loin de toujours jouer franc-jeu, quitte à mettre nos coopérations en péril.

Non, rien de Rhin… Dans la partie de poker menteur qui oppose nos complexes militaro-industriels nationaux, les Allemands jouent pour ne rien regretter. Terre, air, mer, cyber : ils reviennent en force. Dernier exemple en date : les difficultés rencontrées par le Système de combat aérien futur, le Scaf, avion de combat censé remplacer le Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols à l’horizon 2040. Si un accord semble désormais proche, le PDG de Dassault, Éric Trappier, envoyait un mayday le 10 mars devant la commission Défense du Sénat. Selon lui, la voracité industrielle de nos voisins, désireux d’étendre bien au-delà des accords bilatéraux initiaux la part du made in Germany dans la conception, puis la fabrication, du Scaf, mettrait l’ensemble du projet en péril.

Le Scaf, qui réunit en fait un avion de combat, des drones et un « cloud tactique » (interactions approfondies entre combattants), doit être développé selon le principe du « best athlete ». Autrement dit, celui qui sait le mieux faire a les commandes dans son domaine de prédilection. Logiquement, c’est donc Dassault qui a hérité du pilotage du NGF, nom de code de l’avion au cœur du Scaf. Ce qui défrise à la fois l’État allemand, qui « refuse la proposition française d’assurer le leadership » selon Trappier, tout comme la branche germaine d’Airbus, laquelle « doit admettre que le leader est Dassault pour effectuer les arbitrages de maîtrise d’œuvre ».

Pour Joseph Henrotin, chercheur à l’Institut de stratégie comparée, la France a sans doute été trop optimiste : « On s’est dit que les Allemands et qu’Airbus étaient mûrs pour ce genre de coopération, et qu’on avait la même conception méthodologique. Évidemment, quand les Allemands reviennent avec ce genre de demandes, on se dit : “chassez le naturel, il revient au galop”. Le risque, c’est de répéter les errements du programme Eurofighter, en attendant que quelque chose finisse par émerger du chaos. »

Revendications allemandes

Les revendications allemandes, auxquelles Dassault a opposé une fin de non-recevoir, portent à la fois sur le partage de la charge de travail, la transmission de technologies clefs par les industriels, et sur la réalisation par l’Allemagne d’un démonstrateur – un avion permettant de tester des technologies pour les intégrer ou non au Scaf – à partir de l’Eurofighter, et aux dépens de Dassault. « À entendre Eric Trappier, et à voir la manière dont le Scaf a été présenté, on se dit que la demande allemande est extrêmement cavalière. Ils tentent le coup et voient ce qu’ils peuvent récupérer », analyse Joseph Henrotin.

« Ça se passe comme ça dans tous les programmes internationaux » tempère-t-il néanmoins. La France peut, à ce titre, « faire preuve d’une forme de naïveté » dans la négociation des contrats du Scaf – dont le contenu est encore secret. « En France, on envoie un avion rempli de commerciaux ; en Allemagne, on envoie un avion rempli de juristes » résume le chercheur.

Hélas, le dossier Scaf n’a rien d’une exception. Ces dernières années, les Allemands ne se sont pas vraiment illustrés comme des partenaires très amicaux. Un constat que les industriels français, à la différence du gouvernement, ont bien été obligés de prendre en compte, comme le soulignait un rapport d’information du Sénat publié le 15 juillet 2020 : « Les industriels étrangers, français entre autres, rencontrent des difficultés croissantes à obtenir des licences d’exportation pour des composants allemands intégrés à leurs produits […] Cette situation incite même les industriels français à concevoir des matériels “German free” [sans composants allemands] ». Autrement dit, il faut le feu vert de Berlin pour pouvoir vendre à l’étranger des produits made in France avec un élément allemand.

Une rude compétition qui ne se limite pas au simple secteur de l’aéronautique. Dans le domaine naval, et plus particulièrement en matière de sous-marins, Berlin et Paris se sont à plusieurs reprises retrouvés face à face plutôt que côte à côte. « Sur le marché australien, il y a eu d’énormes tensions entre le français Naval Group et son concurrent direct, l’allemand TKMS » se souvient un industriel français. Un contrat à plus de 30 milliards d’euros pour la construction de 12 sous-marins remporté par l’Hexagone. De quoi créer quelques rancunes tenaces outre-Rhin…

Le « choc des cultures » politiques

Outre les différends d’ordre économique, la France et l’Allemagne divergent également sur la destination des armes produites pour leurs armées respectives. « La priorité allemande va presque exclusivement à la protection du territoire et de la population nationale, tandis que la France identifie davantage des menaces sur des théâtres éloignés […] Ces objectifs militaires distincts induisent des besoins capacitaires différents » pointent, dans leur rapport 2020, nos sénateurs, soucieux de préserver cet instrument de souveraineté. L’armée française, engagée dans plusieurs opérations extérieures, exige des industriels français, via la direction générale de l’Armement (DGA), un matériel éprouvé. L’Allemagne, avec des engagements militaires extérieurs bien plus limités, est beaucoup moins contraignante avec son secteur militaro-industriel. « Prenez le blindé Puma : il n’a jamais bien fonctionné. Ça n’a pas empêché l’État allemand d’en acheter. Nous, nos militaires, si on leur livre un outil bancal, ils n’hésitent pas à faire de l’achat sur étagère [achat de matériel étranger]. C’est là toute la différence » grince notre industriel.

Dernière entaille dans le beau tableau de la coopération franco-allemande, le « choc des cultures » politiques. Le jeu des coalitions allemandes crée une instabilité permanente autour des programmes d’armement, à la différence du modèle français, qui en fait un domaine réservé à l’exécutif. La cogestion à l’allemande, avec un Parlement qui n’hésite pas à contester les orientations données par le gouvernement fédéral, conduit parfois l’Allemagne à nous faire faux bond au dernier moment. Dernier exemple en date, le projet avorté de modernisation de l’hélicoptère de combat Tigre, censé se faire en coopération avec l’Allemagne.

"La France a de grandes ambitions, mais peu d’argent, et il convient donc d’être plus efficaces"

De quoi s’interroger : malgré la qualité des infrastructures industrielles de l’Allemagne et son savoir-faire dans des domaines comme l’intelligence artificielle, les drones ou la robotisation, faut-il faire sans elle ? Parmi les partenaires vers lesquels la France pourrait se tourner se trouvent, au moins pour l’aéronautique, le Royaume-Uni, la Suède et l’Italie. Aux yeux de certains, l’hypothèse de voir la Grande Bretagne finalement intégrer le projet Scaf n’est d’ailleurs pas complètement farfelue. « Le Tempest [projet concurrent du Scaf encore au stade embryonnaire] peut être vu comme un programme Potemkine, destiné à dégager une marge de manœuvre aux Britanniques pour intégrer le projet franco-allemand » estime Joseph Henrotin.

Néanmoins, l’herbe n’est pas forcément plus verte dans le Sussex qu’en Bavière : « Les Britanniques ne sont pas toujours fair-play, pour le dire poliment, prévient le spécialiste. Ils ont tendance à nous voir comme une source de financement, sans que les projets aboutissent in fine. » L’espoir est tout de même permis, comme en témoigne l’exemple du projet de drone européen Neuron, dirigé par Dassault, qui a réuni sept partenaires autour de la table pour aboutir à un démonstrateur très prometteur.

Si la France jouit de compétences qui lui permettraient de faire en partie cavalier seul sur un projet comme le Scaf, elle reste tributaire de deux variables : le temps – à quelle échéance voulons-nous de nouveaux chars, drones et avions ? –, et, surtout, l’argent. « La France a de grandes ambitions, mais peu d’argent, et il convient donc d’être plus efficaces » notait Eric Trappier devant les sénateurs. Une efficacité prussienne, par exemple ?

***

> L’Otan, un obstacle à l’Europe de la Défense

Emmanuel Macron a beau décréter l’état de « mort cérébrale » de l’Otan, il y a peu de chance pour que l’« Europe de la défense », qu’il appelle de ses vœux, prenne le relais dans l’immédiat. Et pour une raison simple : les Allemands, notre principal partenaire en la matière, ne sont pas vraiment sur la même ligne que la France. « Leur ambition, c’est d’être le levier central de l’Otan en Europe. L’armée allemande est d’ailleurs si intégrée à l’Alliance atlantique, que les carrières des militaires allemands ne se font qu’au travers de l’Otan. Pour l’Allemagne, c’est une bonne stratégie. Berlin se place ainsi au centre du jeu stratégique européen, en préemptant la coopération multinationale, via l’Otan » analyse un familier de l’industrie de défense. Ce choix stratégique explique l’achat par l’Allemagne de 45 F-18 américains pour remplacer la flottille de Tornado vieillissant, avions européens dont la mission principale est de participer à la « posture nucléaire » de l’Otan. Pour remplir cette mission, les Allemands ont recours à une vingtaine de bombes nucléaires américaines B-61, stockées en Allemagne, à Büche. « L’unique ambition des Allemands est de remplir les missions de l’Otan », conclut notre interlocuteur. Quitte à faire passer au second plan les ambitions d’Emmanuel Macron.

 

Source : Marianne.net

 

Informations complémentaires :

Crashdebug.fr : Le jeu de l'argent

 

 

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