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Alors que les députés britanniques ont opté jeudi 14 mars pour un report du Brexit au 30 juin, le président de l’Union populaire républicaine (UPR), François Asselineau, continue à défendre le retrait de la France de l’Union européenne.

Asselineau Valeurs Actuelle 16 03 2019

Les députés britanniques ont voté, ce jeudi, pour un report du Brexit au 30 juin. Pourquoi est-il selon vous si difficile de sortir de l’Union européenne ?
Cela n’est difficile que parce que les dirigeants du camp perdant n’acceptent pas le verdict des urnes. Ils utilisent toutes les procédures pour essayer d’empêcher ce que les Britanniques ont décidé de faire.

Quels sont les enjeux pour l’Union européenne ? Quels sont ceux du Royaume-Uni ?
Sur le fond, on nous dit toujours que le Brexit va provoquer “l’Apocalypse”. Mais concrètement cela risque de n’être catastrophique que pour la France et les pays qui restent dans l’UE. Quand une monnaie se déprécie, il y a un boom des exportations et un ralentissement des importations. C’est exactement ce qui se passe au Royaume-Uni, où la livre sterling s’est dépréciée d’environ 10% au cours des semaines suivant le référendum de juin 2016. Aujourd’hui, la situation y est bien meilleure qu’en France. Le taux de chômage est tombé à 4%, son plus bas niveau depuis 40 ans. Le commerce extérieur s’est redressé. Les salaires au Royaume-Uni sont devenus attractifs, comparés à d’autres pays de l’UE, ce qui a engendré un afflux d’investissements internationaux.

Ainsi, Google a ouvert son siège européen au Royaume-Uni et Boeing vient d’y inaugurer une nouvelle usine. Les opposants au Brexit avaient assuré que 300.000 cadres de la City pourraient fuir le pays après le référendum. Mais rien de tel ne s’est produit. Une enquête du Financial Times de juillet dernier n’évoquait plus qu’un départ hypothétique de 2000 à 3000 cadres. Cent fois moins ! Et puis, les Anglais vont arrêter de verser des contributions astronomiques à l’UE en tant que contributeur net au budget européen. La France et les pays restants vont devoir payer à leur place !

S’il y a quelqu’un qui a du souci à se faire, ce ne sont pas les Britanniques, c’est nous. S’il paraît si facile de sortir de l’Union européenne, la perspective d’un Frexit que vous défendez est-elle réaliste ? Comment auriez-vous mené les négociations ?
D’abord, j’aurais eu un gouvernement d’union nationale, tous les ministres œuvrant pour le Frexit. Outre-Manche, le gouvernement est resté « tory » à 100%, avec 2/3 des ministres anti-Brexit, dont la Première ministre elle-même. Ce que reprochent les Brexiters à Theresa May, c’est d’avoir fait preuve d’une mollesse volontaire dans les négociations. Nous aurions lancé immédiatement l’article 50 du traité de l’Union européenne – qui organise la procédure de sortie – et, si l’on avait constaté la moindre mauvaise volonté de Bruxelles, nous aurions aussitôt cessé nos versements au budget européen. Au bout de trois semaines, la Commission aurait eu des difficultés à payer le salaire des fonctionnaires européens ! Nul doute que les technocrates auraient assoupli leur position…

La situation en France est différente de celle du Royaume-Uni. Nous avons un sérieux problème en moins : nous n’avons pas l’équivalent du problème irlandais avec les accords de 1996 qui imposent l’absence d’une frontière matérielle entre l’Ulster et la République d’Irlande. En revanche, nous avons un problème en plus : l’euro. La sortie de l’euro nécessitera le rétablissement du contrôle des mouvements de capitaux, que nous mènerons en bonne entente avec nos partenaires puisqu’ils y auront aussi intérêt. Notez que ce rétablissement mettra un coup d’arrêt immédiat aux délocalisations industrielles qui saignent la France à blanc et entravera 80% des quelque 100 milliards d’euros d’évasion fiscale annuelle. De quoi réindustrialiser la France et rétablir l’équilibre budgétaire de façon spectaculaire.

Notez aussi que, lorsque la France sortira de l’Union européenne et de l’euro, l’UE et l’euro n’y survivront pas. Car la France est un pays fondateur, géographiquement au centre de l’Europe, qui va payer 20% du budget européen après le départ du Royaume-Uni. Si la France s’en va, dans les semaines qui suivront, plusieurs pays nous emboiteront le pas : Pologne, République Tchèque, Hongrie, Grèce, Italie…

Vous avez été beaucoup cité par les « gilets jaunes ». Quelle analyse faites-vous de ce mouvement ? Est-ce une révolte contre l’Union européenne ? Si oui, comment expliquez-vous la difficulté de votre liste à décoller dans les sondages alors que vous portez une voix réellement différente de celles de tous les autres candidats ?
C’est une révolte contre l’Union européenne mais qui ne le sait pas encore très bien. Le mouvement est d’abord un soulèvement populaire avec des gilets jaunes de droite, de gauche, des chefs d’entreprise, des petits commerçants, des ouvriers, agriculteurs, retraités, chômeurs… Au premier mois de manifestation, les « gilets jaunes » pensaient que les élus les trahissaient. C’était à mon sens, une réaction épidermique de personnes qui n’ont pas encore bien compris où réside la cause première de nos problèmes nationaux.

Dans un second temps, ils ont commencé à s’intéresser aux analyses de l’UPR parce que nous leur apportons l’explication qui leur manque : les articles des traités européens qui nous fixent toutes nos grandes politiques publiques, quelle que soit la couleur du gouvernement. Beaucoup ont découvert mon existence et celle de l’UPR à cette occasion. Cela témoigne du fait que l’élection présidentielle a été totalement faussée. En me qualifiant de « petit candidat », en ne m’accordant que 1% du temps de parole, en me calomniant constamment, les grands médias du pays ont dissuadé 90% des électeurs à s’intéresser pour de bon à ce qu’étaient mes analyses et mes propositions. Comment voulez-vous que les gens votent pour un candidat qu’ils ne connaissent pas ?

Les mêmes grands médias essayent de rééditer la même manipulation avec les européennes. France 2 a d’ores et déjà fait savoir qu’il y aura un grand débat télévisé le 4 avril avec certaines têtes de liste… mais l’UPR n’y est pas conviée. Je rappelle que ni Mme Le Pen, ni Dupont-Aignan, ni Mélenchon ne proposent de sortir de l’UE ou de l’euro. En France, les vrais opposants à la construction européenne sont muselés. En fait, l’UPR fait très peur parce que notre influence monte en flèche et que nos analyses sont toujours validées par les événements.

Comment pourriez-vous résumer en quelques phrases votre projet européen porté lors de ces élections ?
C’est très simple : sortir de l’Union européenne et de l’euro. Il faut en finir avec cette utopie de la  « construction européenne » vieille de 69 ans (depuis la déclaration Schuman), qui est aussi irréalisable et destructrice que la « construction du socialisme » (qui s’est effondrée au bout de 74 ans). On ne peut pas fusionner 28 Etats différents, certains vieux de plus de mille ans, aux intérêts nationaux contradictoires dans tous les domaines. Comme le résumait Charles de Gaulle, « on ne peut pas faire d’omelette avec des œufs durs ».

Avez-vous lu ou entendu parler du livre de Philippe de Villiers sur les pères fondateurs de l’UE, “J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu” ? Pour avoir défendu les mêmes thèses, on vous a traité de complotiste. Que pensez-vous de ce livre ? Pensez-vous que de Villiers vous a plagié ?
Je suis un peu embarrassé car beaucoup reprochent à Philippe de Villiers de m’avoir plagié pour avoir repris beaucoup de choses que je dis dans mes conférences depuis des années. Ce n’est pas tout à fait faux. Il aurait peut-être pu me mentionner dans la page des remerciements. Mais je ne vais pas non plus lui en faire le reproche, car il était obligé d’avoir recours à des sources et il a réussi à rassembler de nouvelles preuves très intéressantes qui confirment mes analyses.

J’estime que quiconque dévoile lé vérité sur les origines cachées de la construction européenne fait preuve de courage et personnellement, je me félicite de ce nouvel ouvrage de Philippe de Villiers. Je suis par ailleurs outré de certaines réactions à ce livre, qui me rappellent le flot de calomnies qui s’est abattu sur moi lors de la présidentielle. Quand je vois Jean-Michel Apathie traiter Philippe de Villiers de complotiste et de conspirationniste sans apporter le moindre démenti aux documents dont il donne les scans, je constate que la France est aujourd’hui tombée sous le règne de la terreur et d’un nouvel obscurantisme.

 

Source : Valeursactuelles.com

 

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