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Moi je vous le dis, c'est votre assureur qui va être content... Comme le disait un lecteur en commentaire, bientôt un capteur dans le cul (ou plus probablement une puce rfid dans la main droite ???), et si vous faites quelque chose de pas saint, hop !, augmentation de l'assurance vie... Pour votre sécurité bien sûr... C'est comme pour les radars qu'ils annonçaient comme « pédagogiques », quelle blague... Tout cela n'a que deux buts, vous surveiller, et gagner de l'argent... Du reste, n'oubliez pas que ces communications par Internet se font dans les deux sens. Par exemple, vous loupez une échéance de votre crédit ou de votre leasing, hop !, voiture immobilisée, ils n'ont plus qu'à passer la chercher... Vous pensez que j'exagère, mais si vous laissez faire cela il y aura des boîtes noires dans les voitures, avec, pourquoi pas, des micros et des caméras, histoire de savoir en temps réel ce que vous dites dans votre véhicule. Mais bien sûr, ça sera pour « étudier » ce qui se passait dans la voiture en cas d'accident... (je ne parle même pas des risques de piratage, comme on l'a vu récemment, personne n'est à l'abri, même pas les GROS constructeurs de chipset).

Encore une fois, ce n'est pas parce que quelque chose est techniquement possible, que c'est automatiquement souhaitable...

Voitures Connectes 18 01 2018
78 millions de voitures sont déjà équipées d'une connexion Internet - Pixabay CC0 Creative Commons

Il n'y a pas que vos smartphones qui vous observent. Vos voitures aussi sont bien placées pour suivre désormais le moindre de vos mouvements. Et les données récoltées représentent un sacré marché pour les constructeurs automobiles.

Titine is watching you. Lorsque vous allez au supermarché, que vous rentrez chez vous ou que vous vous rendez au travail, la plupart des nouveaux modèles de voitures collectent des données sur vos déplacements et vos préférences. Votre vitesse, le nombre de fois où vous faites le plein, jusqu'au moindre de vos coups de freins : elle sait potentiellement tout de vous.

Alors certes, les ordinateurs dans nos voitures ne datent pas d'hier. Les systèmes informatiques y ont été intégrés depuis les années 60. Mais ils servaient jusqu'à présent de simple boîte noire, permettant surtout de diagnostiquer les pannes. Désormais, ces données se font plus précises, plus variées et donc plus volumineuses. "Votre véhicule récolte deux sortes de données sur votre compte, nous explique Alain Bensoussan, avocat spécialiste du droit du numérique et des technologies avancées. D'abord, des données non-nominatives, comme le taux d'usure de vos pneus. Ensuite, des données nominatives, comme votre localisation ou encore vos informations dites 'd'entertainment', comme la musique que vous pouvez acheter".

70% des nouvelles voitures

Surtout, ces données sont maintenant extraites des véhicules. "Au même titre qu'un smartphone, la voiture connectée va de plus en plus livrer des informations relatives à nos habitudes", poursuit Alain Bensoussan. Selon une autre étude relayée dans le Washington Post d'ABI Research, une entreprise spécialisée dans l'analyse d'informations économiques, 78 millions d'automobiles en circulation sont déjà équipées d'une connexion Internet. D'ici à 2020, anticipe Gartner, 70% des nouvelles voitures vendues aux Etats-Unis et en Europe seront connectées. La masse de données collectées par ces véhicules sera donc immense.

Et pour les constructeurs automobiles, ces informations sont précieuses. Ils arguent qu'elles servent à augmenter la performance et la sécurité des véhicules. A terme, promettent-ils, la collecte de nos données leur permettra de réduire le nombre d'accidents sur la route. "Cette fonctionnalité peut permettre au constructeur d'envoyer des informations à l'automobiliste, confirme Alain Bensoussan. Par exemple, vous prévenir que votre voiture à plus de 20.000 km, mais que vous n'avez pas fait votre révision et que vos plaquettes de frein risquent d'être dangereuses."

Mais ces données accumulées sur vous, les firmes automobiles peuvent aussi… les revendre. Car dans la majorité des cas, vous avez donné votre accord. En effet, si les constructeurs automobiles assurent ne collecter les données de leurs utilisateurs qu'avec le consentement explicite de ceux-ci, au même titre que les conditions d'utilisation des réseaux sociaux, cet accord est souvent donné sans que l'utilisateur en mesure la portée. "En règle générale, la vente des données personnelles est noyée dans le consentement général d'achat du produit, et le consommateur donne son accord sans en avoir conscience", indique Alain Bensoussan. Une manne pour l'industrie automobile : les données récoltées sur les véhicules connectés pourraient valoir près de 750 milliards de dollars d'ici à 2030.

Un nouveau règlement en 2018

Un commerce si juteux que dès à présent, des compagnies se spécialisent dans l'extraction de vos données automobiles. La marque Volvo admet ainsi explicitement faire appel à un sous-traitant pour traiter les données de ses utilisateurs. Des groupes industriels comme Hewlett Packard ont créé une branche spécialement dédiée à la gestion et au partage des données de conducteurs avec les constructeurs. Les start-ups Otonomo ou Caruso, par exemple, s'occupent du traitement des données récoltées : elles les récupèrent, les trient et aident les constructeurs automobiles à les revendre à des annonceurs.

En octobre dernier, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a dû publier un guide des bonnes pratiques à destination des constructeurs automobiles. "Il fallait leur faire comprendre que les données techniques automobiles ont en réalité un caractère personnel, puisque les individus concernés sont identifiables via le numéro de châssis", expliquait alors aux Echos Joanna Masson, juriste de la Cnil responsable du sujet. D'autant que la législation sur les données personnelles va se renforcer en Europe cette année, avec l'entrée en application en mai d'un nouveau règlement européen. "Les constructeurs automobiles comme les réseaux sociaux seront obligés de demander clairement, et à part, la permission de vendre des données du consommateur", précise Alain Bensoussan. Pour qu'enfin nous soyons tous responsables.

 

Source : Marianne.net

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